Pourquoi la guerre civile en Syrie ne se terminera jamais

La guerre civile en Syrie n’a pas d’égal, n’a pas de solution et ne se terminera probablement jamais. Ceci est la conclusion d’une analyse dramatique du journaliste Max Fisher, dans le New York Times. La recherche universitaire montre que les conflits du même type que la guerre civile en Syrie durent en moyenne 10 ans. Les Syriens n’en seraient ainsi qu’à peine à la moitié de leur agonie. Mais un certain nombre de facteurs spécifiques peuvent rallonger la durée des conflits, et en Syrie ils sont tous présents. “C’est une dynamique sans précédent dans l’histoire”, estime Barbara F. Walter, professeur et expert dans les guerres civiles à l’université de Californie de San Diego.Par conséquent, il est probable que ce conflit ne se termine jamais. Depuis 1945, l’Organisation des Nations Unies a réussi à mettre fin à deux tiers des guerres civiles dans lesquelles deux belligérants étaient impliqués. Mais lorsqu’il avait plus de parties concernées, comme c’est le cas en Syrie, son taux de réussite tombait à moins d’un quart.

  1. Les guerres civiles cessent habituellement en raison de l’épuisement du nombre de combattants et des munitions. Mais comme tous les groupes en Syrie sont soutenus par des forces étrangères (États-Unis, Russie, Arabie Saoudite, Iran et maintenant Turquie), ils peuvent constamment compter sur de nouvelles forces, et de l’armement. Les éléments qui ralentissent un conflit au fil du temps, sont absents ici. Les soutiens étrangers éloignent non seulement prendre les mécanismes qui pourraient  conduire à la paix, mais de plus, ils installent des mécanismes d’auto-renforcement qui aggravent de plus en plus le conflit.

2. Le meurtre de civils est un élément clé de la stratégie des différentes parties. Dans les guerres civiles ordinaires – qui ne mêlent pas de forces extérieures, le soutien de la population peut conduire à la victoire. Mais en Syrie, ce sont des forces étrangères qui font la différence. Ces étrangers ne partagent pas les sentiments de la population civile, et ils n’ont aucune raison de se montrer bienveillants. Le soutien de la population civile devient donc superflu et elle est prise pour cible de façon calculée.3. Une victoire ou une perte est aujourd’hui impossible pour tous les belligérants en cause, car aucune force impliquée ne peut se permettre de concéder la victoire à l’adversaire. Cela ne ferait que conduire à une perturbation de l’équilibre régional, tandis que le camp perdant serait abattu sans pitié. Des génocides pourraient s’ensuivre en cas de victoire d’un camp sur un autre. Il est donc important d’éviter à tout prix que l’autre partie soit gagnante. en outre, la perte de la Syrie comme bastion stratégique aurait des implications majeures pour les régimes en Arabie Saoudite ou en Iran, par exemple.

La guerre civile a déjà fait plus de 400.000 morts en Syrie. Plus de 4 millions de Syriens ont fui leur pays, comme en témoignent les chiffres non officiels. Officieusement, car aucun camp ne peut les documenter.

Syrian children in street

AMER ALMOHIBANY / AFP