Pourquoi la France a une des inflations les moins élevées en Europe, au contraire de la Belgique ?

Déjà bien présente lors de la reprise économie, l’inflation a connu de nouveaux sommets en Europe suite à la guerre en Ukraine. Le taux moyen de l’inflation se situe à 7,5% dans la zone euro. Mais cette moyenne cache de grandes différences: la Belgique a une inflation presque deux fois plus grande que la France. Pourquoi ?

Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, l’inflation galopante fait son grand retour depuis la reprise post-pandémie. Sur le Vieux continent, l’inflation est largement imputée aux prix de l’énergie, qui ont été accentués suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.

Eurostat

Si le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 7,5% par Eurostat, celui de la France n’est que de 5,4%, là où la Belgique connait un taux de 9,33%. Parmi les grands pays, l’Italie est à 6,57%, l’Allemagne a 7,80% et l’Espagne à 8,34%.

IESEG
  • Le nucléaire

Eurostat montre bien que l’inflation élevée s’explique surtout par les prix de l’énergie qui ont grimpé de 38%, là où l’alimentation et le tabac n’ont augmenté « que » de 6,4%. Or, la France dispose d’un grand avantage par rapport aux autres pays précités: son indépendance énergétique, grâce au nucléaire.

La différence est éloquente avec l’Allemagne: le nucléaire français représente 40% de la consommation globale du pays, rapporte BFM Business. Là où le gaz (27%) et le charbon (18%) sont les plus grandes sources d’énergie en Allemagne. Or, avant le conflit, l’Allemagne achetait 55% de son gaz à la Russie (contre 40% aujourd’hui). La France, seulement 17%.

En Belgique, un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie indiquait que notre pays dépendait encore à 71% des énergies fossiles.

  • Le bouclier tarifaire

Il ne faut jamais oublier que ce sont les taxes et les accises qui pèsent le plus dans les factures d’énergie. Et de ce point de vue, la France a mis les gros moyens en fixant un bouclier tarifaire dès le mois de septembre 2021, qui a ensuite été prolongé jusqu’en juin 2022. Il bloque les prix du gaz et de l’électricité et aurait permis à la France de limiter l’inflation de 1,6 point. Il faut y ajouter la prime de 18 centimes par litre sur les carburants et les différents chèques-énergie, comme on a pu les connaitre en Belgique. Ce sont toutefois les finances publiques – 14 milliards d’euros – et les entreprises énergétiques qui supportent le coût de ce bouclier tarifaire.

La Belgique, dont la taille ne favorise pas la concurrence entre fournisseurs d’énergie, il y a en outre nettement plus de contrats variables que chez nos voisins. La facture dépend donc beaucoup plus des fluctuations du marché.

  • Indexation des salaires

Il n’existe pas d’indexation automatique des salaires en France comme c’est le cas en Belgique. Chez nous, cette indexation a déjà fait augmenter les salaires de la fonction publique et du secteur privé de 3% début 2022. Pour certains secteurs comme la construction ou les soins de santé, on s’attend même à 8% d’indexation automatique rien qu’en 2022. D’ici juillet 2023, tous les secteurs devraient bénéficier d’une hausse des salaires de 12%, selon les chiffres de SD Worx.

En France cette augmentation des salaires se fait plus lentement. Qui plus est, la France rechigne à pousser les entreprises à augmenter les salaires comme c’est le cas en Italie par exemple. Essentiellement pour booster la compétitivité de leurs entreprises. L’Allemagne et les Pays-Bas sont dans une situation différente dans la mesure où leur marché du travail est beaucoup plus tendu et compétitif, ce qui fait augmenter les salaires comme aux États-Unis par exemple.

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