Pour une majorité des Britanniques, le Brexit n’est plus qu’un synonyme d’échec

Alors qu’il était resté relativement stable depuis le vote de 2016, le soutien des Britanniques envers le Brexit s’effrite. Ils sont maintenant 52% à se dire que, tout compte fait, ce n’était peut-être pas une bonne idée. Mais les Conservateurs au pouvoir en parlent encore avec un inébranlable optimisme.

Quand, à la surprise générale, les Britanniques ont voté en faveur du divorce avec l’Union Européenne en 2016, le score était resté serré jusqu’au bout : ils étaient 52% sur Albion à vouloir tenter l’aventure en solo. Depuis, les différents sondages d’opinion tournaient toujours peu ou prou autour des 50% de partisans du Brexit, avec une courte majorité de satisfaits. Jusqu’à aujourd’hui : selon une nouvelle étude, la tendance s’inverse, et les Britanniques seraient maintenant majoritaires à regretter de faire chambre à part avec l’Union.

les déçus du « Leave »

L’étude, menée par le cabinet de conseil en études de marché Savanta ComRes, porte sur 2.000 personnes. Et elle dégage qu’en 2021, 52% des Britanniques considèrent que le Brexit n’a pas apporté beaucoup de positif au pays, et ils ne sont plus que 36% à le considérer comme un succès.

Plus significatif encore, une part significative des partisans du « Leave » en 2016, ainsi que, de manière générale, l’électorat conservateur, considère maintenant le Brexit comme une erreur. Ils sont 26% des votants en faveur du « Leave à considérer que ce fut un échec, de même qu’un tiers des partisans du Conservative Party.

« Le début d’un grand voyage »

Ce qui ne suffit toutefois pas à faire basculer l’opinion dominante dans le parti au pouvoir: ce lundi encore, le ministre du Brexit David Frost (Conservateur) annonçait lors d’une conférence de son parti que « le long mauvais rêve de notre appartenance à l’UE est terminé, et la Renaissance britannique a commencé. C’est le début d’un grand voyage pour notre pays. »

Sans surprise, les partisans du Labour et les libéraux-démocrates sont trois fois plus susceptibles de considérer le Brexit comme un échec. Mais aucun parti britannique ne s’est positionné en faveur d’un retour de la Grande-Bretagne au sein de l’UE, ni même d’ailleurs juste du marché commun.

Pénuries et rayons vides

Pourtant, jusqu’ici chaque semaine apporte une mauvaise nouvelle supplémentaire aux citoyens de sa Majesté, et celles-ci sont généralement liées au divorce avec l’Europe, ou à tout le moins aggravées par le Brexit. Depuis une dizaine de jours, des files d’attente se forment devant les stations-service, l’approvisionnement en carburant étant incertain par pénurie de chauffeurs routiers, qui venaient traditionnellement du continent. Il en manque aujourd’hui 100.000 selon les professionnels du secteur.

Les problèmes de livraison touchent aussi les supermarchés, les fastfoods ou encore les pubs. Face à la menace de rayons vides à Noël, le gouvernement a amendé sa politique d’immigration pour accorder jusqu’à 10.500 visas de travail provisoires, dont 300 pour des chauffeurs de camions-citernes.

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