Pour récupérer des abonnés, Netflix promet de faire des films « meilleurs » et « plus gros »… mais moins nombreux: que faut-il comprendre ?

Netflix est dans une (très) mauvaise passe. Pour réussir à séduire de nouveaux abonnés – voire à récupérer ses anciens -, le géant du streaming explore différentes pistes. L’une d’elles touche directement aux films qu’il produit.

À la mi-avril, Netflix a annoncé avoir perdu 200.000 abonnés au cours du premier trimestre de l’année. Une première depuis 2011. Forcément, ses têtes pensantes ont compris qu’elles devaient réagir. Depuis quelques semaines, on sait que la firme envisage d’introduire de la publicité sur sa plateforme, via un abonnement moins cher. Elle compte également enrayer le phénomène du partage de mot de passe. Elle a déjà commencé des tests en Amérique latine, avec des premiers résultats loin d’être concluants.

D’après les informations du Hollywood Reporter, Netflix envisage aussi de revoir sa stratégie au niveau des films qu’elle produit. Son nouveau mantra: « Bigger, better, fewer ».

Plus de films à très gros budget ? Pas forcément

Pour ce qui est de « fewer », il n’y a pas vraiment besoin de précisions. Netflix compte produire moins de films, qui seront donc « plus gros » et « meilleurs ». Deux termes qui, eux, doivent faire l’objet de plus d’explications.

Ainsi, « bigger » ne signifie pas nécessairement qu’il y aura davantage de films à 150 millions de dollars. Il faut plutôt comprendre que, par exemple, avec 20 millions de dollars, Netflix en produira un seul au lieu de deux. « L’objectif sera de réaliser la meilleure version d’un film au lieu de le rendre moins cher pour des raisons de quantité « , a expliqué une source interne à l’entreprise.

Pour ce qui est du « better », cela veut surtout dire que Netflix va se focaliser sur les films avec des vedettes. Ceux qui sont sûrs d’être un succès. Dans la veine de Don’t Look Up, Red Notice et The Adam Project. Ils ne sont pas de la même facture, certes, mais ce sont les réussites les plus récentes de l’entreprise. Ted Sarandos, co-directeur général et directeur de la création de Netflix, les considère comme des « big events ». Les prochaines sorties qu’il range dans cette catégorie sont Knives Out 2 et The Gray Man, toutes deux prévues pour les prochains mois.

Qu’est-ce qui va passer à la trappe ?

Dans le sens inverse, l’ère des « projets vaniteux coûteux » semble révolue. Hollywood Reporter cite l’exemple de The Irishman. « Cette tendance à faire n’importe quoi pour attirer les talents et à leur donner carte blanche est en train de disparaître », indique une source.

En outre, Netflix a récemment supprimé 150 emplois, soit 2% de ses effectifs. Des coupes effectuées dans la division des films familiaux en prises de vue réelles et la division des films indépendants (ceux dotés d’un budget inférieur à 30 millions de dollars). Il faut donc s’attendre à ce que Netflix en produise moins. Les films d’animation devraient eux aussi être victimes du changement de cap voulu par la direction.

Les « petits » films ne devraient toutefois pas totalement disparaître. Ils pourraient en revanche viser davantage un public de niche. L’objectif annoncé en début d’année de sortir au moins un nouveau film par semaine est maintenu. Reste à voir si la nouvelle recette fonctionnera.

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