Pour accélérer sa sortie du charbon, l’Allemagne promet 4,35 milliards aux exploitants

La centrale à charbon Mehrum dans le district de Peine, qui est actuellement à l’arrêt. (Julian Stratenschulte/dpa)

Le gouvernement allemand a promis jeudi 4,35 milliards d’euros d’indemnités aux exploitants de centrales à charbon dans le cadre de l’abandon de ce minerai très polluant au plus tard en 2038, selon le ministre des Finances Olaf Scholz.

‘Cela va représenter 2,6 milliards d’euros pour les complexes de l’ouest de l’Allemagne et 1,75 milliard dans l’est’, un montant réparti ‘sur une quinzaine d’années suivant les fermetures’, a détaillé le ministre à la presse. La facture pourrait ne pas être définitive, puisqu’Olaf Scholz n’a pour l’heure évoqué que les centrales qui doivent fermer ‘dans les années 2020’, sans parler des ultimes mises à l’arrêt dans les années 2030.

Lors d’une réunion qui s’est poursuivie tard dans la nuit, l’Etat et quatre régions minières sont convenus d’un calendrier de fermeture des mines et centrales, mais il doit encore être soumis aux opérateurs avant d’être rendu public.

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‘Avancer de trois ans’ l’échéance de 2038

Comme annoncé il y a un an, l’Allemagne vise un abandon du charbon au plus tard en 2038 mais pourrait ‘avancer de trois ans’ cette échéance pour viser 2035, en fonction des bilans d’étapes menés en 2026 et 2029.

L’accord prévoit également la fin des autorisations d’exploitation de la forêt millénaire de Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, menacée par l’extension d’une mine de lignite, et devenue, au fil des années, le symbole de la lutte contre le charbon dans le pays.

40 milliards aux quatre états signataires

Pour appliquer cet accord, le gouvernement fédéral prévoit le dépôt d’un projet de loi ‘pendant le mois de janvier’, et compte sur son adoption ‘d’ici la fin du premier semestre 2020’.

Dans les régions minières touchées par la fermeture des centrales et mines de charbon, l’Etat prévoit l’instauration d’un ‘fonds d’indemnités’ pour ‘les salariés’ du secteur, une aide qui pourrait être versée ‘jusqu’en 2043’. Une aide financière totale de 40 milliards d’euros sera également accordée aux quatre états signataires de l’accord jusqu’en 2038, conformément à un projet de loi adopté en mai 2019.

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