Plus mortel que le coronavirus et à nouveau propagé par les chauves-souris : le virus Nipah refait surface. Doit-on s’en inquiéter ?

Un foyer de Nipah a été identifié en Inde. Le Nipah, causé par un virus du même nom, a été désigné comme une maladie prioritaire par l’Organisation mondiale de la santé en raison de son potentiel épidémique. Elle provient – comme les coronavirus – des chauves-souris. Plus mortel que le Covid-19, il n’existe aucun traitement ni vaccin contre la maladie. Mais le virus est heureusement moins contagieux.

Pourquoi est-ce important ?

Les experts de la santé s'inquiètent du fait que, contrairement au coronavirus, la sensibilisation au virus Nipah reste extrêmement faible, ce qui rend la prévention, le traitement et le diagnostic plus difficiles. En raison d'un manque de connaissances, le virus n'est pas toujours reconnu chez les patients présentant des symptômes.

Un garçon de 12 ans est mort dimanche après avoir contracté le virus Nipah dans l’État indien du Kerala, faisant craindre une nouvelle crise sanitaire dans un pays qui a perdu des centaines de milliers de vies à cause de la pandémie de coronavirus. Depuis lors, au moins deux agents de santé ont été testés positifs au virus Nipah et les autorités tentent de retrouver les contacts du garçon pour éviter la propagation de la maladie.

Quand le virus Nipah a-t-il été découvert et comment se propage-t-il ?

Le virus Nipah (NiV) a été découvert lors d’une épidémie chez des éleveurs de porcs en Malaisie en 1999. On pense que les travailleurs ont contracté le virus par l’intermédiaire de bovins infectés et de leurs sécrétions. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les chauves-souris, également appelées chiens-volants, sont l’hôte naturel du virus Nipah. Le virus peut ensuite être transmis de l’animal à l’homme, principalement par les chauves-souris ou les porcs, ou par contact interhumain.

Les chauves-souris, de la famille des Pteropodidae, vivent souvent dans les dattiers à proximité des marchés, et le virus s’est propagé des chauves-souris aux humains par le biais d’aliments – tels que les fruits et le jus de palmier dattier cru – contaminés par des chauves-souris infectées. Les animaux domestiques, notamment les chevaux, les chats et les chiens, peuvent également contracter et propager l’infection. Le virus est considéré comme particulièrement contagieux chez les porcs, qui peuvent le transmettre aux humains qui entrent en contact avec leurs fluides corporels ou leurs tissus.

L’infection mortelle peut également être transmise par contact humain étroit – le virus peut se propager par les fluides corporels d’une personne infectée à sa famille ou à ses soignants.

En 2018, l’Inde a lutté contre une épidémie qui a tué 17 des 19 personnes atteintes du virus Nipah. En 2019, un nouveau cas a été enregistré dans le pays, mais une action rapide et une recherche généralisée des contacts ont permis d’éviter toute propagation.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes de la maladie sont larges. Les symptômes les plus légers sont la fièvre et les maux de tête, les vomissements, les maux de gorge et les douleurs musculaires. Dans les cas graves, les patients peuvent développer des infections aigües telles qu’une encéphalite (inflammation du cerveau), des accidents vasculaires cérébraux et des problèmes respiratoires. Comme pour le coronavirus, certaines personnes qui contractent le virus restent asymptomatiques.

Quelle est l’étendue du virus Nipah ?

Au cours des décennies qui ont suivi sa découverte, des épidémies ont été enregistrées dans de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, dont Singapour, le Bangladesh et l’Inde. Dans certaines régions d’Asie, de nouveaux cas de virus Nipah ont été enregistrés « presque chaque année », selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies.

Le virus Nipah est-il plus mortel que le coronavirus ?

L’OMS estime que le taux de mortalité du virus Nipah est élevé – entre 40 et 75 % – ce qui le rend beaucoup plus mortel que le covid-19, dont le taux de mortalité se situe entre 0,1 % et 19 %, selon les pays. Mais bien que le risque de mourir du virus Nipah après une infection soit élevé, le Nipah est beaucoup moins transmissible que le coronavirus.

Comment la maladie est-elle diagnostiquée et existe-t-il un remède ou un vaccin ?

Les experts de la santé s’inquiètent du fait que, contrairement au coronavirus, la sensibilisation au virus Nipah reste extrêmement faible, ce qui rend la prévention, le traitement et le diagnostic plus difficiles. En raison d’un manque de connaissances, le virus n’est pas toujours reconnu chez les patients présentant des symptômes.

Les tests PCR utilisant des échantillons de fluides corporels sont principalement utilisés pour confirmer l’infection par le virus, ainsi que les méthodes de détection des anticorps. Il n’y a pas de remède sûr contre le virus Nipah et il n’y a pas de vaccin qui puisse aider à prévenir l’infection.

Selon l’OMS, le principal traitement disponible est celui des soins de soutien, c’est-à-dire la prise en charge des symptômes et la garantie que les personnes infectées se reposent et s’hydratent le plus possible. Il faut éviter tout contact physique étroit et non protégé avec des personnes infectées par le virus Nipah. Les personnes doivent se laver les mains régulièrement après avoir soigné ou rendu visite à des personnes malades.

Les moyens de prévenir les infections interhumaines consistent à éviter les aliments contaminés par les chauves-souris – ou à laver et éplucher les fruits qui ont pu être contaminés – et enfin à éviter tout contact non protégé avec des chauves-souris ou des porcs infectés.

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