Le gouvernement De Wever souhaite, grâce à une réforme des retraites, inciter les Belges à travailler plus longtemps. Or, un sondage réalisé par le cabinet de ressources humaines Acerta révèle que plus de neuf Belges sur dix souhaitent cesser de travailler avant leur 66e anniversaire. Il s’agit là d’une augmentation notable par rapport à il y a deux ans.
Principaux renseignements
- Le gouvernement De Wever met en œuvre des réformes des retraites visant à encourager le prolongement de la vie active via un système de bonus-malus.
- Pourtant, 92 pour cent des Belges souhaitent cesser de travailler avant l’âge de 66 ans, et 41 pour cent d’entre eux souhaitent même le faire dès 59 ans ou plus tôt. Il s’agit d’une nette augmentation par rapport à il y a deux ans.
- Bien que beaucoup soient conscients qu’ils devront travailler plus longtemps, la malus de retraite suscite une forte résistance, surtout chez les plus de 55 ans, tandis que ce sont surtout les jeunes qui indiquent vouloir prendre leur retraite tôt.
Contexte : le gouvernement De Wever procède à une refonte systématique du système de retraite.
- Ainsi, le bonus de retraite disparaît. Il est remplacé par un nouveau système qui pénalise les personnes qui cessent de travailler trop tôt. Ceux qui travaillent au-delà de l’âge de la retraite bénéficieront d’une pension plus élevée. Cet âge légal de la retraite est fixé à 66 ans depuis le 1er janvier 2025 et passera à 67 ans à partir de 2030.
- Le système de bonus est en vigueur depuis le début de cette année. Quiconque travaille au-delà de l’âge de la retraite (66 ans, ou 67 ans à partir de 2030) et a accumulé suffisamment d’années de service (35 ans sur 156 jours travaillés ou assimilés) peut augmenter sa pension.
- Au début de l’année 2027, la pénalité de retraite sera également intégrée à ce système. Les personnes qui n’ont pas travaillé suffisamment et qui partent à la retraite trop tôt perdront une partie de leur pension en raison de cette pénalité.
- Ces changements ont déjà fait beaucoup de bruit. Ainsi, le Bureau fédéral du Plan s’est récemment penché sur les projets du gouvernement fédéral. Il ressort notamment de cette étude que les pensions moyennes (brutes) vont baisser. Pour les nouveaux retraités, il s’agit d’une baisse moyenne de 2,4 pour cent d’ici la fin du mandat.
Les Belges ne veulent pas travailler au-delà de leur 65e anniversaire
Dans l’actualité : bien que l’âge de la retraite augmente, 92 pour cent des Belges ne veulent pas travailler au-delà de leur 65e anniversaire. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par Acerta.
- 41 pour cent d’entre eux indiquent même qu’ils souhaiteraient arrêter de travailler à 59 ans ou plus tôt. Seuls 7,9 pour cent souhaitent ne prendre leur retraite qu’à 66 ans ou plus tard.
- Fait marquant : il y a deux ans, alors que l’âge légal de la retraite était de 65 ans, « seulement » 80,5 pour cent souhaitaient arrêter de travailler avant cet âge. Malgré les nouvelles mesures en matière de retraite, davantage de personnes souhaitent aujourd’hui prendre leur retraite plus tôt que ne le prévoit la loi par rapport à il y a deux ans.
Les Belges ne sont pas fans de la pénalité de retraite
Mais : de nombreux Belges sont bien conscients qu’ils devront travailler plus longtemps.
- Seuls 43,9 pour cent des personnes interrogées s’attendent à pouvoir effectivement mettre un terme à leur carrière avant de fêter leur 65e anniversaire. Près de six personnes sur dix (56,1 pour cent) indiquent qu’elles prévoient de continuer à travailler au moins jusqu’à 66 ans.
- « L’impact des réformes à venir en matière de retraite, qui prévoient notamment un durcissement des conditions d’accès à la retraite anticipée, va obliger certains travailleurs à travailler plus longtemps dans les années à venir. Nous conseillons aux employeurs d’être attentifs à la motivation des travailleurs à prolonger leur carrière », remarque Mieke Bruyninckx, experte juridique chez Acerta.
- Beaucoup critiquent d’ailleurs la pénalité de retraite. Pas moins de 7 salariés sur 10 (70,3 pour cent) sont plutôt ou fortement opposés à cette pénalité. C’est chez les plus de 55 ans que le nombre d’opposants est le plus élevé. Près de 75,1 pour cent d’entre eux sont plutôt ou fortement opposés à cette pénalité.
Les jeunes salariés, en particulier, souhaitent prendre leur retraite plus tôt
À noter : selon l’enquête d’Acerta, ce sont surtout les jeunes salariés qui ne souhaitent pas travailler plus longtemps.
- Pas moins de 93 pour cent des 18-35 ans souhaitent travailler jusqu’à 65 ans maximum. Un peu plus de la moitié (51 pour cent) souhaitent même prendre leur retraite à 59 ans ou plus tôt. Chez les plus de 55 ans, les chiffres sont légèrement meilleurs : 86,2 pour cent souhaitent travailler jusqu’à 65 ans maximum.
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