Petite histoire des politiques d’austérité; des efforts de la Grèce, de l’Allemagne, et de la France

Les pays PIGS, c’est à dire, la Grèce, l’Irlande, l’Espagne et le Portugal, sont ceux qui se sont retrouvés les plus en difficulté lors de la dernière crise, et sans surprise, ce sont ceux qui ont fait le plus d’efforts pour réduire leur déficit budgétaire, montre un graphique de The Economist. Ces quatre pays ont réduit leur déficit de plus de 8% de leur PIB, un montant à celui que les pays de l’OCDE consacrent en moyenne au paiement de leurs pensions.

Le graphique révèle également l’ampleur des efforts consentis par les Grecs. Entre 2009 et 2015, ils ont économisé plus de 17,2% de leur PIB, ce qui fait d’eux les champions du monde de l’austérité.

De l’autre côté du spectre, l’Allemagne n’a quasiment pas réduit ses dépenses, qui devraient peut-être même augmenter légèrement cette année.

Le journal financier explique que lorsque l’économie d’un pays se contracte, un maintien du niveau de dépenses comparé au PIB implique tout de même des réductions importantes des dépenses en termes de liquidités. Ainsi, la Grèce a dû réduire ses dépenses budgétaires de plus de 25% pour que la baisse correspondante représente 11,2% de son PIB.

Le gouvernement britannique se trouve dans la situation inverse: compte tenu de la croissance que connaît actuellement le pays, il aboutira à une baisse de ses dépenses représentant 3,2% de son PIB en maintenant ses dépenses budgétaires telles quelles.

Une étude réalisée par Julio Escolano, Laura Jaramillo, Carlos Mulas-Granados et Gilbert Terrier du FMI, au cours de laquelle les auteurs ont analysé 48 politiques d’austérité menées par des pays riches entre 1945 et 2012, montre que dans la moitié de ces pays, les baisses de dépenses se montaient à au moins 5% du PIB. Dans un quart d’entre eux, ces réductions atteignaient au moins 7,5%.

Les auteurs décernent la première marche du podium à la politique d’austérité récente de la Grèce. Mais ce pays se distingue aussi à la seconde place de ce palmarès pour sa politique d’austérité des années nonante … visant à le faire admettre dans la zone euro.

La politique allemande de 1996, introduite par l’ancien chancelier Gerhard Schröder, se positionne en 5ème position, ayant permis de réduire le déficit budgétaire du pays de plus de 10%.

Mais les tours de vis des dépenses budgétaires ont souvent précédés par des festivals de dépenses. Ainsi, les efforts de la Grèce représentent 17% de son PIB, mais auparavant, le déficit budgétaire du pays dépassait les 12%, un niveau intenable de toute évidence.

Une dernière remarque à l’attention de nos amis Français: on note que la France fait bien partie des 11 pays de l’OCDE qui ont fait les plus grands efforts pour réduire leur déficit budgétaire après le début de la crise financière en 2007. Mais l’Hexagone se distingue par sa méthode: il est en effet le seul pays à avoir fait porter l’intégralité de cet effort sur ses citoyens. En effet, dans les autres pays de l’Organisation, les politiques d’austérité ont combiné réductions des dépenses publiques et augmentation des impôts. Mais en France, les politiciens ont choisi de conserver le même niveau de dépenses, et d’augmenter les impôts pour financer le déficit correspondant.