« Personne n’y croyait, mais le plafonnement du prix du pétrole russe fonctionne »

Beaucoup de spécialistes ont douté de l’efficacité du plafonnement des prix du pétrole russe. Dans les faits, 1 mois après son introduction, les premiers retours sont positifs. Il reste toutefois un long chemin avant de se débarrasser complètement du pétrole russe.

Pourquoi est-ce important ?

Le G7 et singulièrement l'UE ont mis en place une stratégie en trois étapes pour toucher l'or noir de Poutine. Un embargo sur le pétrole brut par voie maritime a été acté dès début décembre, assorti d'un plafonnement des prix, qui fixe un plafond de 60 dollars pour tous les acheteurs qui utilisent des services occidentaux (voies maritimes, assurances, financement, etc.). Et cela semble fonctionner : des pays et entreprises tiers s'y conforment. La 3e étape est l'embargo de tous les produits pétroliers qui sera mis en place dès le 5 février.

Dans l’actu : Amos Hochstein, coordinateur présidentiel spécial du président Joe Biden, estime que le plafonnement du pétrole russe « fonctionne jusqu’à présent très bien ».

  • « Il n’y a aucun doute que le plafonnement a jusqu’à présent, à l’heure où nous sommes assis, atteint notre intérêt », explique le conseiller du président américain à CNBC.
  • « Au fur et à mesure que les prix du pétrole baissent, il ne fait aucun doute que le plafonnement des prix a atteint notre objectif. Cet objectif était d’avoir une offre continue de pétrole sur le marché pour soutenir la croissance économique tout en limitant la valeur que le pétrole représente pour Poutine. »
  • « Je suis heureux que nous ayons réussi là où tout le monde doutait que le plafonnement des prix fonctionne. Je pense que parfois les gens ont tendance à penser que si cela n’a pas été fait avant, ce n’est pas possible », a conclu le conseiller.

Les chiffres : le conseiller a raison, mais il reste du chemin.

  • Un rapport du centre de recherche finlandais Centre for Research on Energy and Clear Air (CREA) assure que les sanctions prises début décembre ont fait chuter les exportations russes de 17%.
  • Au total, la Russie perdrait 160 millions d’euros par jour suite aux sanctions.
  • En février, lorsque les sanctions toucheront tous les produits pétroliers, les chercheurs estiment que la Russie perdra 120 millions d’euros supplémentaires par jour.
  • Reste que l’Europe est toujours le premier client du pétrole russe. Au total, la Russie perçoit encore 640 millions d’euros chaque jour en vendant ses combustibles fossiles.
  • Mais le plafond fonctionne tellement bien que les chercheurs du CREA estiment qu’on pourrait encore le baisser entre 25 et 35 dollars. Car, in fine, la Russie n’a pas vraiment d’autres solutions. Pour deux raisons : la Russie n’aurait pas encore trouvé d’alternatives à la flotte de navires détenus/assurés en Occident, ensuite, la production russe resterait viable économiquement à ce prix, ce qui pousserait la Russie à continuer sa production.
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