Pendant que Zakia Khattabi se rendait à Glasgow en train, Zuhal Demir est partie en vacances à Marbella en avion pour deux jours

Un accord flamand sur le climat a finalement été conclu ce jeudi, un jour et demi avant que la ministre Zuhal Demir (N-VA) ne se rende à Glasgow pour la COP26. Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour parvenir à un véritable accord en la matière ? En partie car moitié du gouvernement flamand était en vacances la semaine dernière.

Ce lundi, la ministre flamande de l’Environnement et de l’Énergie Demir (N-VA) s’est envolée pour Marbella, pour deux jours de vacances, rapporte De Morgen. Mercredi, elle était de retour à Bruxelles. Elle n’était d’ailleurs pas la seule à s’octroyer une pause, puisque la moitié des ministres flamands étaient également en vacances. Bart Somers (Open Vld) était en Espagne aussi, tandis que Ben Weyts (N-VA), Matthias Diependaele (N-VA) et Wouter Beke (CD&V) s’étaient octroyés une pause plus près de chez eux.

Bien sûr, il n’est pas interdit aux hommes politiques de prendre des vacances. Cette semaine est inscrite au calendrier du Parlement flamand en tant que vacances d’automne, durant lesquelles les travaux sont suspendus. Il est donc logique que plusieurs ministres flamands en profitent pour s’évader.

Toutefois, dans le contexte de la COP26, où des décisions sont prises pour limiter la poursuite du réchauffement climatique, ce n’était sans doute pas la meilleure idée. D’autant plus que vendredi dernier, deux jours avant le début de la conférence mondiale sur le climat, la Région flamande avait organisé un Conseil des ministres… à l’issue duquel il était apparu qu’il y avait encore énormément de pain sur la planche.

Conditions chaotiques

Au vu de la dispersion des ministres flamands, toutes les négociations relatives à un accord sur le climat ont donc dû se dérouler par voie numérique, au grand dam de ceux restés à Bruxelles.

L’importance de la COP26 a également été largement sous-estimée: beaucoup de responsables flamands estimaient que ce sommet ne constituait pas vraiment une date limite officielle pour la présentation d’un plan climatique. Un attentisme qui a duré longtemps, trop longtemps. Jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’à Glasgow, le monde entier regarde les promesses de chaque pays pour le climat. Aller là-bas sans véritable plan serait donc particulièrement embarrassant.

Vaille que vaille, le gouvernement flamand s’est donc attelé à monter un paquet climatique, ficelé jeudi soir. Les mesures devraient permettre à la Flandre de réduire ses émissions non-industrielles (transport, bâtiments, agriculture…) de 40% d’ici 2030 comparativement à 2005. Ce plan, détaillé ici, prévoit notamment la fin de la vente de nouveaux véhicules essence et diesel pour 2029 et l’obligation de rénover, à partir de 2023, les logements mal isolés (PEB E ou inférieur).

Maintenant, il faut trouver une position commune

En réaction au plan climatique flamand, la ministre fédérale du Climat Zakia Khattabi (Ecolo) s’est dite « déçue ». Elle reconnaît un « rehaussement » des efforts flamands mais « étant donné le contexte politique de la COP26 et l’urgence climatique, l’inverse aurait été incompréhensible et inacceptable ».

La ministre Khattabi souligne également que l’objectif flamand (bien que passé de 35 à 40%) est inférieur aux attentes européennes, qui ont été relevées à une réduction des gaz à effet de serre de 47% pour 2030. « Cela reste largement en deçà de ce que l’Europe demande et à l’entame des véritables négociations ‘burden sharing’ (partage du fardeau) le message est: faites le reste! », déplore-t-elle.

Le gouvernement flamand, la N-VA en tête se félicite, lui, d’afficher un plan « réaliste », doté de mesures « concrètes ». Là où les gouvernements fédéral, wallon et bruxellois seraient plus dans les effets d’annonce, avec des propositions peu claires et/ou peu réalistes.

Ce vendredi, les quatre ministres du Climat (fédéral, flamand, wallon et bruxellois) discuteront en visioconférence en vue de se mettre d’accord sur une position commune à adopter à la COP26. Malgré les divergences, un accord doit être trouvé dans les prochains jours. Il s’agira, entre autres, de tenter d’échapper au titre peu glorieux de « Fossil of the day », remis par les ONG lors des sommets climatiques pour désigner les plus mauvais élèves. Un bonnet d’âne que la Belgique a déjà reçu lors de la COP25 à Madrid en 2019, et à la COP21 de Paris en 2015.

Tout comme elle l’avait fait à Madrid, Zuhal Demir prendra bientôt l’avion pour se rendre Glasgow, indique De Standaard. Là où Zakia Khattabi a pris le train spécial climat avait été programmé le week-end dernier, emmenant 500 politiciens, journalistes, activistes climatiques, ONG et experts en Écosse. Selon nos informations, Philippe Henry et Alain Maron, les ministres wallon et bruxellois du Climat, iront eux aussi en Ecosse en train.

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