Pas de retour à la normale avant 2023 pour les géants de l’aviation

Après le patron de la Lufthansa, le CEO de British Airways déclare maintenant que le secteur de l’aviation est confronté à trois années difficiles et ne se normalisera pas avant 2023.

‘Nous nous attendons à ce que la demande des passagers retrouve son niveau de l’année dernière au plus tôt en 2023’, a déclaré Willie Walsh, le directeur général d’IAG. Il s’agit de la maison mère de British Airways, Iberia et Vueling. Walsh, l’une des voix les plus importantes de l’aviation, reporte sa retraite pour guider IAG au début de la crise.

Walsh suit ici les pas de son collègue de la Lufthansa, Carsten Spohr. Lors de l’assemblée virtuelle des actionnaires, l’Allemand a déclaré que ‘la demande mondiale ne trouvera pas de nouvel équilibre avant 2023’.

Personne ne doute que l’année 2020 est désormais largement perdue pour l’aviation. IAG ne s’attend pas à un retour ‘acceptable’ de ses vols avant juillet. Et le secteur continuera de souffrir des effets de la récession mondiale et de l’absence possible de vaccin contre le coronavirus l’année prochaine.

Mais même un retour complet en 2022 est désormais considéré comme peu probable par les deux leaders de l’aviation. Selon Walsh et Spohr, la crise du coronavirus sera si grave que seule une reprise progressive sera possible jusqu’à la normalisation espérée en 2023.

Des milliers d’emplois menacés

Des milliers d’emplois sont donc en jeu à la fois chez IAG et chez Lufthansa, le groupe mère de Brussels Airlines. Selon Walsh, la restructuration est ‘essentielle’ pour garantir les ressources financières d’IAG. Le groupe s’appuie actuellement sur des garanties de crédit britanniques et espagnoles. Les perspectives pessimistes des géants de l’aviation sont également une mauvaise nouvelle pour les carnets de commandes des avionneurs Boeing et Airbus.

IAG a été gravement touché par le coronavirus ces dernières semaines. Au premier trimestre, la perte s’est élevée à 1,7 milliard d’euros. Le chiffre d’affaires a chuté de plus de 13 %, à 4,6 milliards d’euros, et le nombre de passagers a diminué de près d’un cinquième, à 19,9 millions. Depuis fin mars, les entreprises d’IAG ont ainsi réduit leur offre de 94 %.

Nouvelle normalité

Pendant ce temps, une autre grande compagnie aérienne traditionnelle, Air France, montre dans une vidéo à quoi ressemblera probablement la ‘nouvelle normalité’ dans les aéroports. Le port du masque buccal y est obligatoire, tout comme à bord de l’avion.

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