Pas de réouverture en vue pour les sites français d’Amazon

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La date de réouverture des six sites français d’Amazon, fermés à partir de jeudi après une décision de la justice française enjoignant au géant américain de limiter son activité aux produits essentiels et d’évaluer les risques liés au coronavirus sur ses sites, est encore ‘inconnue’, a affirmé son directeur général France.

‘Nous essaierons de rouvrir au plus vite mais je ne peux pas confirmer aujourd’hui [jeudi] la date à laquelle nous allons rouvrir’, a déclaré Frédéric Duval au micro de la radio RTL.

‘La durée de fermeture de nos centres aujourd’hui m’est inconnue et nous faisons tout notre possible pour qu’elle soit la plus courte possible’, a-t-il ajouté. ‘J’espère, pour le bien des employés d’Amazon et des clients français, que les affaires pourront reprendre dès que possible, mais avec des protocoles de sécurité en place’, a déclaré pour sa part la ministre française du Travail Muriel Penicaud à la radio LCI.

Après la décision du tribunal de Nanterre (région parisienne) mardi, un comité social et économique de l’entreprise s’est prononcé mercredi en faveur de cette fermeture pour nettoyer les sites et évaluer les risques face au Covid-19.

La France est le seul pays où Amazon a fermé tous ses centres de distribution après que les syndicats se soient plaints qu’ils étaient encore trop bondés. Cela constitue l’une des plus grandes retombées de l’impasse croissante dans laquelle se trouvent ses travailleurs concernant les mesures de sécurité pendant la pandémie

Payés à 100%

Les salariés et intérimaires (près de 10.000 personnes) seront payés à 100% pendant cette période de cinq jours selon la direction, qui a précisé que le recours au chômage partiel avait été ‘évoqué’ mais que ses ‘modalités d’application n’ont pas été définies’.

‘La fermeture des entrepôts, c’est ce que nous avions demandé au tribunal à titre principal’, a rappelé le syndicat SUD, à l’origine de la plainte.

‘L’action syndicale qui a conduit à ce résultat va avoir des conséquences (…) très importantes pour de nombreuses personnes en France, pour nos millions de clients qui utilisent nos services pour recevoir chez eux des produits en cette période de confinement, pour nos employés qui vont rester chez eux, et pour les milliers de TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) françaises qui utilisent nos services’, a affirmé M. Duval.

Un million par infraction

‘La justice nous demande de nous focaliser sur trois catégories: l’hygiène, les produits médicaux et la nourriture mais c’est d’une ambiguïté énorme’, a-t-il estimé. ‘Je ne sais pas définir exactement qu’est-ce qu’un produit d’hygiène: est-ce qu’un coupe-ongle en est un? Est-ce qu’un préservatif est un produit médical?’, a-t-il lancé.

‘Dans ces conditions, compte tenu de l’amende qui nous est infligée [un million d’euros par infraction constatée, ndlr], nous sommes dans l’obligation de fermer nos sites’, a-t-il poursuivi.

Frédéric Duval a également souligné que la société avait dépensé des ‘sommes colossales’ pour des précautions sanitaires, notamment des gels sanitaires et des masques faciaux. L’entreprise fera appel, a-t-il déclaré. Le vice-président du segment Union européenne d’Amazon, Roy Perticucci, a lui démissionné, a confirmé la société mercredi. Soit un jour après la décision du tribunal français.

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