Les entrepreneurs en Belgique : “Celui qui échoue perd tout, celui qui réussit ne garde que la moitié”

Amid  Faljaoui, le directeur des magazines francophones Le Vif / L’Express et Trends-Tendances, anime chaque matin à 8 heures une courte chronique concernant la situation économique en Belgique sur la RTBF.

Amid  Faljaoui, le directeur des magazines francophones Le Vif / L’Express et Trends-Tendances, anime chaque matin à 8 heures une courte chronique concernant la situation économique en Belgique sur la RTBF.

Jeudi, il s’est demandé pourquoi la Belgique comptait de moins en moins de jeunes entrepreneurs. Et pourquoi de nombreux entrepreneurs belges décident de délocaliser leurs activités à l’étranger ?Ces questions avaient été posées plus tôt cette semaine à l’occasion d’une conférence donnée par Roland Gillet, professeur d’économie à la Sorbonne et à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), au Cercle Chapelle de Waterloo.Lorsque les élèves en gestion le consultent parce qu’ils ont u projet de création d’entreprise, et qu’ils lui demandent quelles sont leurs chances de succès, sa réponse est toujours la même: « En temps normal, une personne sur trois qui se lance à son compte fait faillite. Et ça, c’est en temps normal, pas en temps de crise ».

Quelles sont les conséquences pour un entrepreneur qui fait faillite?

Tout d’abord, il devra payer pour ses pertes et souvent aussi celles de tous ceux qui lui auront prêté de l’argent (famille, amis …).Puis il sera considéré par ses pairs comme un « loser », contrairement à ceux qui font faillite aux Etats-Unis, où les échecs font partie de la formation d’un entrepreneur et où une faillite est considérée comme un insigne d’honneur.Enfin, l’opérateur sera signalé dans un organisme comme un mauvais payeur, ce qui pourra lui être préjudiciable à l’avenir s’il souhaite solliciter un nouvel emprunt. Et bien qu’ayant pris plus de risques qu’un salarié en tant qu’indépendant, il aura droit à des allocations de chômage moindres que ce dernier.

Et que se passe-t-il pour les entrepreneurs qui réussissent ?

Selon Gillet, 2 entrepreneurs sur 3 réussissent, mais il souligne immédiatement l’incohérence de notre système fiscal.Si l’entrepreneur réussit et qu’il peut tirer une rétribution de son entreprise, il sera imposé autant qu’un travailleur qui n’a pris aucun risque. Il n’obtiendra aucune incitation ou récompense pour sa prise de risque (souvenez-vous qu’1 sur 3 échoue).Pire encore, les plus récentes réformes fiscales, qui prévoient le doublement du précompte fiscal immobilier pour les PME, ou la création d’une taxes sur les plus-values, sont défavorables pour les PME.

En résumé

« Un entrepreneur en Belgique est socialement et financièrement sanctionné s’il rate son coup et s’il a le bonheur et la chance de réussir, eh bien le fisc le rattrape au tournant et le massacre pour lui donner donc envie d’entreprendre ».

Heureusement, selon Gillet, les futurs jeunes entrepreneurs qui le sollicitent sont rarement dissuadés par ces obstacles, mais pour fonder leur entreprise, ils optent de plus en plus pour … d’autres contrées, tels que le Luxembourg, Londres voire au-delà. « Et cela, c’est un gâchis pour la Belgique car ces jeunes diplômés ont été formés par l’Etat, ils ont donc coûté de l’argent au contribuable, mais les richesses qu’ils vont générer demain bénéficieront à d’autres pays ».Il ne s’agit pas de mauvaise volonté de leur part, mais ils estiment que le système actuel est injuste. En Belgique, on dit aux entrepreneurs :

« Si cela marche mal, vous perdrez tout, et si vous réussissez, l’Etat vous prendra la moitié de vos bénéfices. »

Une telle logique ne peut que motiver les jeunes entrepreneurs belges à s’expatrier, et à cet égard, la France n’est pas mieux lotie. Ne dit-on pas que Londres est la 6e ville de France en termes de population ?[Les économistes notent que la Belgique n’est plus attirante pour de nombreux jeunes. Geert Noels met en garde contre une potentielle fuite des cerveaux, et selon son collègue Pascal Paepen, il a des raisons de s’inquiéter. « La Belgique est à la traîne et cela en déçoit beaucoup. Le gouvernement devrait maintenir notre environnement de travail suffisamment attractif »].

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