Objectif : miner la Lune

Un certain nombre d’entreprises ont jeté leur dévolu sur les ressources minières de la Lune… Alors qu’on ignore encore si l’exploitation de ces ressources est réellement faisable. Les scientifiques et les entrepreneurs ne s’accordent guère sur la richesse réelle de notre satellite naturel, et sur le coût de leur exploitation. 

OffWorld, une entreprise californienne de 26 personnes, est l’une de ces entreprises qui projettent d’exploiter les richesses minières de la Lune. Elle compte y envoyer un certain nombre de robots autonomes. D’autres entreprises ont déjà affiché leurs ambitions lunaires. 

Peter Thiel et Jeff Bezos sont sur l’affaire

Moon Express, une startup créée en 2010 par un trio d’entrepreneurs de la Silicon Valley s’est fixée pour objectif de développer des vaisseaux spatiaux capables d’alunir et d’exploiter les minerais lunaires (notamment l’or, le cobalt, le platine et l’hélium-3, un combustible nucléaire). La firme a levé plus de 65 millions de dollars en capital risque, et compte Peter Thiel parmi ses investisseurs. 

La Japonaise ispace conçoit des technologies spatiales robotiques qui pourront être incorporées dans des lanceurs, mais aussi des rovers destinés au transport et à l’exploration minière pour le compte d’agences spatiales et de firmes privées. Elle aussi concentre certaines de ses activités autour des ressources lunaires. 

Blue Origin, fondée par le CEO d’Amazon, Jeff Bezos, s’est déclarée prête à participer au projet de Washington de retourner sur la Lune d’ici 2025. En mai de cette année, Bezos a présenté Blue Moon, un projet d’atterrisseur capable de transporter des véhicules et des équipements sur la Lune dès 2024.

Enfin, Planetary Ressources et Deep Space Industries ont aussi des projets sur la Lune. 

La Lune est le 8e continent

“La lune est le huitième continent de la Terre”, écrit Moon Express sur son site internet. Elle ajoute que la Lune dispose de vastes ressources naturelles, et qu’au contraire de la Terre, ces ressources se trouvent immédiatement sous sa surface, ce qui implique qu’elles sont plus facilement accessibles. 

Ces ressources, ce sont les métaux précieux, les métaux rares, tels que le dysprosium, le niobium, ou encore l’yttrium, mais aussi l’eau. En effet, dans l’espace, les vaisseaux spatiaux fonctionnant à l’hydrogène pourront être ravitaillés avec de l’eau, qui fournira cet hydrogène, aussi aussi de l’oxygène qui permettra aux équipages de respirer.

Toutefois, la communauté scientifique demeure sceptique, la NASA en tête. C’est surtout la profitabilité de ces opérations qui est mise en doute. Les chercheurs sont aussi en désaccord sur la richesse – encore hypothétique – de la Lune. 

Par exemple, l’hélium-3 est rarissime sur la Terre, parce qu’il est produit par les radiations solaires, dont nous sommes protégés par l’atmosphère. Mais la Lune ne dispose pas d’une telle protection, et certains chercheurs et entrepreneurs spéculent donc qu’elle en regorge, au point “qu’il y aurait suffisamment d’hélium-3 pour alimenter la Terre en électricité pendant encore 10.000 ans”. Mais pour d’autres, il y en aurait si peu que son exploitation minière ne pourrait jamais être rentable. 

Enfin, d’après un géologue planétaire, il sera “impossible d’accéder” à la plupart des métaux rares ou précieux de la Lune”. 

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