Neuf pays s’opposent à la France et à l’Espagne: « Le marché européen de l’électricité a bien fonctionné pendant 20 ans, ne le réformons pas »

Suite au sommet européen organisé la semaine dernière lors duquel les dirigeants des Etats membres de l’Union ont débattu au sujet de la crise énergétique qui frappe le bloc, la France et l’Espagne ont établi une proposition commune. Elles souhaitent réformer en profondeur le marché de l’électricité. Neuf pays viennent de leur répondre: pour eux, c’est non.

Pour le ministre français des Finances, Bruno Lemaire, il faut « revoir de fond en comble le fonctionnement du marché unique de l’électricité qui est obsolète ». A cet effet, et la proposition est vivement soutenue par l’Espagne, il souhaite notamment découpler le prix de l’électricité de celui du gaz.

Les deux pays jugent « injuste » la différence entre ce que les consommateurs doivent payer et le « coût ultra bas » de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Par le passé, M. Le Maire s’était déjà plaint du fait que le système de tarification de l’UE donne au gaz une influence disproportionnée sur la fixation des prix de gros de l’électricité. Ce qui les pousse à la hausse depuis plusieurs semaines à l’approche de l’hiver.

Bien que le gaz ne représente qu’un cinquième de la production d’électricité en Europe, les centrales électriques au gaz sont devenues des fixateurs de prix sur le marché de l’électricité parce qu’elles peuvent être allumées à court terme pour répondre aux pics de demande.

« Soyons très prudents »

Sans mentionner explicitement Paris ou Madrid, neuf pays leur ont répondu. A savoir l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Selon eux, la crise actuelle ne doit pas mener à prendre de grandes décisions de façon précipitée. Ils soutiennent des mesures à court terme pour aider les plus vulnérables, plutôt qu’une vaste réforme.

« Comme les pics de prix ont des moteurs mondiaux, nous devrions être très prudents avant d’interférer dans la conception des marchés énergétiques internes », ont déclaré les neuf pays dans une déclaration commune. « Nous ne pouvons soutenir aucune mesure qui entre en conflit avec le marché intérieur du gaz et de l’électricité, par exemple une réforme ad hoc du marché de gros de l’électricité. Cela ne sera pas un remède pour atténuer la hausse actuelle des prix de l’énergie liée aux marchés des combustibles fossiles. »

Selon eux, la concurrence entre les différentes sources de combustible contribue « à l’innovation, à la sécurité de l’approvisionnement et est donc un élément clé pour faciliter la transition » vers des émissions à faible teneur en carbone.

Le marché européen de l’électricité « a bien fonctionné pendant 20 ans avec des prix réellement compétitifs… Intervenir pourrait être extrêmement dangereux. Cela pourrait détruire toute confiance dans ce marché », avait déjà déclaré le ministre luxembourgeois de l’Energie, Claude Turmes, au début du mois.

Personne n’est d’accord

Au sein du débat intra-européen, on peut finalement distinguer trois grandes tendances:

  • Ceux qui veulent conserver le système actuel et agir ponctuellement là où c’est nécessaire (dont font partie les 9 pays mentionnés ci-dessus)
  • Ceux qui veulent une réforme en profondeur du marché de l’énergie (dont font partie la France et l’Espagne)
  • Ceux qui critiquent le marché du carbone de l’UE et les politiques vertes au sens large (dont font partie des pays de l’Europe centrale et de l’est, grandement dépendants du charbon, tels que la Pologne)

Au début du mois, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait émis la même idée que la France et l’Espagne. « Si les prix de l’électricité sont élevés, c’est à cause des prix élevés du gaz, et nous devons examiner la possibilité de découpler au sein du marché parce que nous avons des énergies beaucoup moins chères comme les énergies renouvelables », avait-elle déclaré.

La Commission est pourtant réticente à rouvrir les directives européennes sur le marché de l’électricité, qui ont été révisées il y a près de trois ans. Dans sa « boîte à outils » publiée il y a deux semaines, elle a plutôt proposé d’approfondir la coopération régionale transfrontalière sur les marchés de détail de l’énergie et de lancer une étude sur la formation des prix de l’électricité. Des mesures à moyen terme qui ne laissent pas présager de réforme en profondeur du système.

En parallèle, elle a listé plusieurs mesures à court terme permettant aux Etats membres de protéger les consommateurs et les entreprises, telles que la réduction de la TVA sur l’énergie ou la mise à disposition de chèque énergie.

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