Naval Group veut récupérer son dû et compte bien envoyer la note à l’Australie

Le président du groupe industriel chargé de fournir 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire) Barracuda a indiqué dans une interview accordée au Figaro qu’il comptait « faire valoir ses droits ».

Après la bataille diplomatique conclue par un coup de téléphone entre Emmanuel Macron et Joe Biden, commence la bataille juridique. La rupture de contrat à 31 milliards d’euros (90 milliards en tenant compte de l’inflation sur la durée du programme et les dépassements de coûts) va-t-elle déboucher sur une note salée pour Canberra ?

Personne ne le sait. Chacun s’accusant de ne pas avoir respecté les clauses dudit contrat. Pour Pierre Eric Pommelet, CEO de Naval Group, « l’Australie a résilié le contrat pour ‘convenance’, ce qui veut dire d’ailleurs que nous ne sommes pas en ‘faute’, a-t-il expliqué. Comprendre: l’Australie a changé d’avis en cours de négociation, préférant opter pour des sous-marins à propulsion nucléaire, ce qui leur confère une plus grande autonomie et dont une plus grande marge de manoeuvre. « C’est un cas qui est prévu dans le contrat et qui donnera lieu à un paiement de nos coûts engagés et à venir, liés à la ‘démobilisation’ physique des infrastructures et informatique ainsi qu’au reclassement des employés », a ajouté le PDG.

« Touche mais pas coulé »

La rupture est difficile à vivre côté français. Le 15 septembre dernier, l’Australie annonçait qu’elle rompait le contrat. Dans la foulée, on apprenait que le nouveau contrat avait été accordé aux États-Unis et au Royaume-Uni. Une double négociation s’est installée dans le dos de Naval Group et de l’Etat français.

« Cette décision nous a été annoncée sans aucun préavis, avec une brutalité inouïe ». Pommelet s’explique : « Le matin même du 15 septembre, nous avons reçu un courrier nous informant officiellement que le gouvernement australien avait accepté notre offre […] Tout était OK pour finir la négociation ». Ensuite, « tout s’est arrêté brutalement. C’est très dur ».

Le PDG se dit toutefois « touché mais pas coulé », expliquant que « Navail Group ne fait pas face à une menace existentielle ». Le montant de la facture n’est pas encore connu, pas même par le PDG, qui à ce stade qualifie les estimations de pures spéculations.

Quant au président français et son homologue australien, Scott Morrison, ils ne se sont pas encore entretenu, le second expliquant que le premier lui menait « la vie dure » et qu’il « faudrait du temps » pour pacifier la situation entre les deux pays.  « Je pense qu’il va falloir plus de temps pour résoudre ces questions que celles qui ont été résolues entre les États-Unis et la France », a ajouté le Premier ministre.

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