Alors que Musk joue la désescalade, la tech monte au créneau contre Apple

Payer 30% de « taxe » à Apple ou aller à la guerre ?, se demandait Elon Musk, dans une série de tweets accusateurs contre la marque à la pomme. Entre-temps, il a rencontré le CEO d’Apple Tim Cook et les choses se seraient calmées. Mais ailleurs dans la tech, les critiques contre les pratiques commerciales d’Apple se font entendre.

Dans l’actu : Une tirade d’Elon Musk contre Apple, ce lundi, accusant la firme à la pomme de trop taxer les revenus des développeurs et de limiter la liberté d’expression. Apple aurait voulu retirer Twitter de l’App store, prévenait Musk.

  • Ce mercredi, place à la désescalade. Le patron de Twitter est reçu par Tim Cook, le CEO d’Apple, au siège du producteur d’iPhone.
  • Le premier semble en tout cas avoir enterré la hache de guerre : « Bonne conversation. Entre autres choses, nous avons résolu le malentendu concernant le retrait potentiel de Twitter de l’App Store. Tim a été clair sur le fait qu’Apple n’a jamais envisagé de le faire », écrit-il sur Twitter.

L’essentiel : mais ailleurs, la fronde s’organise. Meta et Spotify à la charge.

C’est maintenant Mark Zuckerberg, CEO de Meta, qui tire à boulets rouges sur les pratiques de l’App store. Il s’exprime dans le cadre du sommet DealBook du New York Times ce mercredi.

  • « Apple s’est en quelque sorte distinguée comme étant la seule entreprise qui essaie de contrôler unilatéralement quelles applications se retrouvent sur un appareil », lance-t-il. « Je ne pense pas que ce soit une position durable ou bonne à prendre ».
  • Il en profite pour louanger Google (Android), la concurrence directe d’Apple dans le duopole des systèmes d’exploitation de smartphones : « Ils ont toujours fait en sorte que vous puissiez effectuer un chargement latéral, disposer d’autres magasins d’applications et travailler directement avec les fabricants de téléphones. » Notons que Google taxe aussi les développeurs, pour les achats via les applications, mais a réduit sa commission.
  • Zuckerberg a d’ailleurs des raisons d’en vouloir à Apple : un changement dans la politique de confidentialité d’Apple a fortement limité le ciblage publicitaire sur l’iPhone, ce qui a plombé les revenus du service publicité de Facebook et Instagram, tout comme le cours de l’action de Meta (parmi d’autres raisons).

Daniel Ek, CEO du service de streaming de musique suédois Spotify, réitère ses critiques ce mercredi, environ quatre ans après avoir porté plainte contre Apple pour pratiques anti-concurrentielles.

  • Dans un long fil sur Twitter, il énumère les méfaits d’Apple et de l’App store, avec d’autres tweets à l’appui. Non-respect des lois européennes et nationales sur la concurrence, harcèlement des développeurs avec des marges énormes prises sur leur dos, ne pas laisser de choix aux consommateurs… il ne mâche pas ses mots.
  • Il appelle ainsi à une situation équitable pour tous les acteurs. « Combien de temps encore allons-nous détourner le regard de cette menace pour l’avenir de l’internet ? Combien de consommateurs supplémentaires seront privés de choix ? Il y a eu beaucoup de discussions. Parler est utile, mais nous devons agir », lance-t-il aux décideurs européens et des États-Unis.
  • Spotify a régulièrement critiqué les 30% qu’Apple prend sur les achats faits via les applications, qui feraient gonfler les prix de ses abonnements. Pour Apple, ces 30% seraient une protection pour le consommateur, rappelle Reuters.

Reste à voir, comme le dit Ek, si la fronde en restera aux paroles ou si ces deux acteurs de la tech vont prendre des actions concrètes contre Apple, et rallié d’autres dégoûtés à leur cause. Musk a-t-il allumé la mèche d’une révolution ?

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