Nouveau coup dur pour Meta : sa principale source de revenus, la publicité ciblée, pourrait se voir amputée en Europe

Le cauchemar dans lequel s’enfonce Meta depuis plusieurs va-t-il prendre fin un jour ? C’est possible, mais ça ne sera pas pour tout de suite et surtout pas avec l’aide de l’Union européenne. La dernière décision à l’étude pourrait en effet avoir un impact important sur ses revenus.

Pourquoi est-ce important ?

Rien ne va plus pour Meta, et ce, depuis de nombreux mois. Outre les doutes concernant son nouveau projet de métavers, l'entreprise de Mark Zuckerberg fait face à un grand nombre de difficultés. Elle a notamment vu ses revenus publicitaires - sa principale source de rémunérations - chuter de manière brutale en raison d'un changement de politique d'Apple en matière de confidentialité, de troubles au sein du secteur, mais aussi de l'inflation galopante.

Dans l’actu : les régulateurs de la vie privée de l’Union européenne envisagent d’interdire à Meta d’obliger les utilisateurs à accepter des publicités ciblées pour accéder à ses services, rapporte le Wall Street Journal.

  • La législation européenne sur la protection de la vie privée n’autorise pas les plateformes de Meta, dont Instagram et Facebook, à utiliser leurs conditions d’utilisation pour justifier une telle forme de publicité, selon des personnes proches du dossier.

Le détail : une telle décision aurait un impact majeur sur Meta puisque cela réduirait considérablement le nombre de données auxquelles l’entreprise a accès et donc, peut monétiser auprès des annonceurs.

  • Si Meta permet à ses utilisateurs de désactiver la personnalisation des publicités en fonction des données d’autres sites et application, elle ne propose pas une telle option pour les publicités basées sur l’activité de ses utilisateurs sur ses propres plateformes.

À noter : le souhait des régulateurs n’est pas contraignant. De plus, il n’a pas encore officiellement été rendu public. Pourtant, selon les proches du dossier, ils auraient demandé à la Commission de protection des données d’émettre des ordonnances et de désigner des amendes.

  • Meta a déjà réagi à la nouvelle, soulignant que « ce n’est pas la décision finale et il est trop tôt pour spéculer ». « Nous nous sommes pleinement engagés avec la Commission de protection des données sur leurs demandes et continuerons de dialoguer avec eux pendant qu’ils finalisent leur décision », a ajouté un porte-parole de l’entreprise auprès du Wall Street Journal.

Et après ? Bien que l’interdiction ne soit pas encore effective et que Meta puisse encore introduire un recours, la décision de l’Union européenne pourrait marquer un tournant pour l’ensemble des réseaux sociaux.

  • Si une partie importante des utilisateurs d’Instagram et de Facebook s’opposent à un tel ciblage, Meta se retrouverait avec beaucoup moins d’informations personnelles pour créer des audiences à vendre aux annonceurs.
  • Cela ne ferait que réduire encore plus le potentiel de ses revenus publicitaires qui, pour l’heure, reste encore la source principale de rémunérations.
  • Cette menace ne fait que rajouter un peu plus de l’huile sur le feu, alors que l’entreprise de Mark Zuckerberg traverse une période difficile. Rappelons en effet qu’elle a perdu plus de 60 % de sa valeur au cours des 12 derniers mois.
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