Principaux renseignements
- Confrontée à une pénurie croissante de missiles intercepteurs Patriot, l’Ukraine développe son propre système de défense antimissile, baptisé Freya.
- Le missile FP-7, qui fait partie du système Freya, offre une alternative économique aux missiles ATACMS américains et peut fonctionner comme un intercepteur similaire au S-400 russe.
- Afin de surmonter les contraintes de production, l’entreprise ukrainienne de défense Fire Point propose de tester gratuitement les missiles FP-7 en échange d’un accès à la technologie radar et aux têtes chercheuses de l’UE.
Confrontée à une pénurie croissante de missiles intercepteurs Patriot, l’Ukraine s’emploie activement à développer ses propres solutions de défense antimissile. Cette initiative constitue une réponse directe à cette pénurie grandissante, exacerbée par les récentes actions menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. La pénurie de missiles intercepteurs PAC-3, essentiels à la défense aérienne de l’Ukraine, a contraint l’Europe à tenter de combler ce vide avec des systèmes alternatifs tels que l’IRIS-T et le SAMP-T, en raison de sa propre dépendance vis-à-vis de l’armement américain.
Une solution ukrainienne
L’Ukraine continue de se procurer des missiles PAC-3 par l’intermédiaire de l’OTAN, mais reconnaît le besoin urgent de solutions indépendantes. Fire Point a présenté un concept de système de défense aérienne paneuropéen appelé Freya. Ce projet innovant intègre un lanceur léger équipé de missiles antinavires FP-7 dotés de têtes chercheuses avancées fournies par la société allemande Diehl Defense.
Denis Shtilerman, propriétaire de Fire Point, décrit le FP-7 comme un missile composite de sept mètres à grande vitesse, capable d’atteindre une vitesse de 1 500 mètres par seconde. Il souligne son potentiel en tant qu’alternative économique aux missiles américains ATACMS et met en avant son adaptabilité pour une utilisation comme intercepteur de défense antimissile, à l’image des capacités du système russe S-400.
Essais gratuits
Fire Point est prêt à proposer ses missiles FP-7 pour des essais gratuits en échange d’un accès aux radars terrestres et aux têtes chercheuses de l’UE, des composants essentiels que l’Ukraine n’est actuellement pas en mesure de produire. Shtilerman souligne le coût élevé des lancements de missiles balistiques, estimé à 5 millions de dollars (4,2 millions d’euros) par lancement, justifiant ainsi leur offre comme un accord mutuellement avantageux.
Le système Freya prévoit d’intégrer toute une gamme de technologies européennes, notamment des développements suédois, français, allemands, danois et norvégiens, ainsi que le réseau tactique Link 16 de l’OTAN pour une communication et une coordination sans faille.
Obstacles bureaucratiques
M. Shtilerman identifie les obstacles bureaucratiques au sein de l’UE comme le principal frein à la mise en œuvre de Freya. Fire Point nécessite l’accès à des radars et à des systèmes de guidage pour son intégration, ce qui souligne le rôle crucial des partenaires européens dans la réalisation de ce projet ambitieux.
La recherche par l’Ukraine de solutions indépendantes en matière de défense antimissile s’inscrit dans l’objectif du président Zelensky de mettre en place un système antibalistique robuste d’ici un an. (fc)
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