L’UE veut sécuriser les chaines d’approvisionnement en temps de crise

La crise du coronavirus a provoqué beaucoup d’embarras au sein des chaines d’approvisionnement, mettant sous pression de nombreux secteurs. Pour éviter que cela ne se reproduise, l’Union européenne souhaite mettre en place des mesures spécifiques.

« La pandémie a entraîné une perturbation sans précédent de notre marché unique », indiquait en février dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, lors de son discours d’ouverture des Journées européennes de l’industrie. « Des files de camions se sont formées à nos frontières intérieures. Les exportations de produits vitaux d’un État membre vers l’autre étaient interdites ou restreintes. Et les frontaliers se sont parfois retrouvés coincés dans les limbes. Cela ne devrait plus jamais se reproduire ». Bien que des mesures d’urgence aient été prises pour répondre à ces perturbations, des efforts supplémentaires doivent être mis en place pour accélérer la reprise et rendre l’Europe plus compétitive.

« C’est pourquoi nous travaillons sur un instrument d’urgence du marché unique. Il garantira la libre circulation des biens, des services et des personnes, avec plus de transparence et de coordination. Et cela accélérera les décisions, chaque fois qu’une situation critique se présente. Le marché unique rend l’Europe forte. Il faut donc le préserver et le faire fonctionner, en toutes circonstances, surtout quand on en a le plus besoin », avait poursuivi la présidente. Cependant, en cette fin d’année 2021, rien de concret n’a, semble-t-il, été mis sur la table.

Une boite à outils de mesures

Bien que l’idée circule depuis un moment au sein de la Commission, aucune nouvelle loi sécurisant les chaines d’approvisionnement au sein de l’UE n’a été présentée. Pour cela, il faudra attendre le printemps 2022, selon un message du commissaire Thierry Breton, récupéré par Playbook.

Cette nouvelle loi impliquerait une « boîte à outils de mesures qui peuvent être activées pour assurer la sécurité d’approvisionnement pendant une crise », peut-on lire dans la note du commissaire.

Dans les faits, cela pourrait se traduire par des contrôles des exportations. L’UE pourrait également demander des informations aux entreprises vis-à-vis de leur producteur, de leurs stocks et chaines d’approvisionnement.

Outre cette transparence accrue, Bruxelles souhaite également diversifier les sources d’approvisionnement pour réduire sa dépendance, notamment envers la Chine, et ainsi, être moins impactée en cas de pépin. Augmenter les capacités industrielles au sein de l’UE est également prôné.

Avec la nouvelle loi sur les chaines d’approvisionnement, Bruxelles devrait disposer de pouvoir étendu pour restreindre les exportations en temps de crise, mais également pour protéger le marché unique, en empêchant les gouvernements nationaux de bloquer les expéditions internes à l’UE. De quoi empêcher la saisie de marchandises par le pays par lequel elles transitent, comme ce fut le cas en avril dernier, lorsque la France a saisi des masques destinés à l’Italie.

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