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L’UE remet l’adhésion de l’Albanie et des pays des Balkans sur la table

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Économie

06/02/2018 | Audrey Duperron | 4 min de lecture

L’UE devrait publier aujourd’hui un document qui posera lesjalons pour l’intégration de 6 nouveaux Etats membres d’ici 2025, rapportele Financial Times. L’Albanie, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine, la Bosnieet Herzégovine, ainsi que le Kosovo, tous pays des Balkans, pourraient ainsirejoindre le bloc. L’objectif de cet élargissement, le plus important en unevingtaine d’années, serait de lui insuffler une nouvelle dynamique, derenforcer les contrôles sur la migration, mais aussi d’atténuer l’influencerusse dans la région. 

Toutefois, certains eurocrates soulignent que les 7 annéesqui nous séparent de cet objectif seront nécessaires pour rapprocher cesnations de Bruxelles. Ces nations, pour la plupart issues de l’ex-Yougoslavie,préparent leur adhésion depuis les années nonante.

De nombreuses difficultés

Mais ce n’est pas gagné : toutes sont aux prises avecune corruption généralisée, et certaines sont en conflit avec d’autres. LaSerbie et le Monténégro seraient les deux pays les plus susceptibles de respecterles conditions d’entrée en 2025. Le président de la Commission Européenne,Jean-Claude Juncker avait lui-même déclaré en novembre qu’il s’attendait à ceque ces deux pays intègrent le bloc à cette échéance.

Mais cet élargissement suscite aussi le scepticisme, enparticulier auprès des Etats-membres les plus riches. L’Espagne a refusé dereconnaître le Kosovo, issu d’une sécession d’avec la Serbie et indépendantdepuis 1999. En effet, Madrid estime que cela pourrait avoir des conséquencessur le statut de la Catalogne. De même, ce pays n’est pas non plus reconnu par Chypre,la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie. Et pour la Serbie, leKosovo est l’un de ses territoires, qu’elle nomme province autonome duKosovo-Métochie.

 La Grèce refuse que l’onqualifie la Macédoine par ce nom, qui est aussi celui d’une province grecque. Enfin,ces candidats à l’adhésion devront régler les mésententes qu’ils peuventparfois avoir entre eux.

L’influence russe…

Les stratèges de l’UE redoutent que la Russie étende soninfluence dans cette région. En effet, les Balkans ont entretenu des liens étroitsavec la Russie pendant des siècles. Cela est lié pour une  grande part auxliens culturels et religieux qu’entretient la partie slave de leur population. LesRusses nesouhaitent pas que les Balkans rejoignent l’UE, et ont témoigné beaucoup descepticisme à l’égard des promesses faites par Bruxelles d’accueillir ces pays.

… et celle de la Turquie

De plus, tant la Russie que la Turquie ont intérêt à aiderleurs amis dans les Balkans – la Serbie et l’Albanie – à redessiner leursfrontières. La Serbie, qui se fonde sur l’exemple de l’Ukraine, pourrait annexer une grande partie de la Bosnie peuplée par des Serbes, avecl’aide de la Russie. (Moscou a toujours soutenu Belgrade sur cette question).La Turquie pourrait soutenir l’Albanie si elle souhaitait orchestrer unemanœuvre similaire, non seulement dans le Kosovo fortement peuplé d’Albanais,mais aussi en Macédoine, où une grande partie de la minorité albanaise aimeraitretourner dans le giron de sa mère-patrie.

Si ce n’est pas l’UE, ce sera Moscou

« Il est clair que les Balkans occidentaux, une enclaveentourée par l’Union européenne, ont besoin d’amis », écrivaitThe Economist en juin 2016. « Si cet ami ne peut pas être l’Unioneuropéenne, la région se tournera peut-être vers la Russie. A cet égard, laSerbie a déjà négocié un accord commercial avec l’Union économique eurasienne,qui est dominée par la Russie ». (…)« Si le processus d’élargissement de l’UE aux Balkans reste à l’état deparoles, d’autres viendront remplir le vide politique et économique, à ladéfaveur de l’Europe ».


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