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‘L’Italie est l’un des meilleurs élèves de la zone euro’

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Économie

19/06/2020 | Dominique Dewitte | 6 min de lecture

L'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. - EPA

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se réunissent ce vendredi. À l’ordre du jour, deux sujets: les relations commerciales post-Brexit et le plan de relance de 750 milliards d’euros proposé par la Commission. Durant la vidéoconférence, Angela Merkel fera part de son souhait de parvenir à un accord sur ce second sujet d’ici aux vacances d’été. Berlin s’apprête à prendre la présidence de l’Union le 1er juillet prochain et compte bien peser de tout son poids pour parvenir à un consensus rapide.

Une fois de plus, la vidéoconférence devrait opposer les ‘quatre frugaux’ au reste de l’UE. Il s’agit des Pays-Bas, de l’Autriche, du Danemark et de la Suède. Ils sont prêts à accorder des prêts aux pays du sud de l’Europe, qui ont été les plus durement touchés par la crise du coronavirus (avec l’Espagne et surtout l’Italie qui sont demandeuses), mais ils ne veulent pas entendre parler d’une mutualisation de la dette.

Dans une contribution au journal français Les Echos, Dominique Strauss-Kahn pose un regard intéressant sur la trajectoire de l’Italie dans la zone euro, et au sein de laquelle l’éternel débat entre le Nord et le Sud est central.

Ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn a été contraint de démissionner en 2011 après avoir été arrêté pour viol présumé sur un membre du personnel de l’hôtel Sofitel à New York. Il a passé un certain temps à la prison de Rikers Island avant de passer un accord avec la femme de chambre en question.

DSK a été remplacé à la tête du FMI par sa compatriote Christine Lagarde. Qui est elle-même désormais à la tête de la Banque centrale européenne. Mais pour Dominique Strauss-Kahn, ‘l’affaire du Sofitel’ a signifié la fin de sa carrière politique.

Selon lui, le débat sans fin entre ‘les quatre frugaux’ et l’Italie, soi-disant irresponsable financièrement, est souvent basé sur des inepties.

DSK donne ainsi deux exemples.

1. Sur le plan budgétaire, l’Italie n’a de leçon à recevoir de personne

DSK: ‘Entre 1995 et 2019 – à l’exception de 2009 – l’Italie a enregistré un excédent budgétaire chaque année (voir le graphique d’Ameco ci-dessous). En d’autres termes, année après année, l’État italien a perçu plus d’argent qu’il n’en a dépensé. Même s’il est vrai que le paiement des intérêts a ici été exclu de l’équation. Sur la même période, l’Allemagne a enregistré des déficits budgétaires en 1995-1996, 2001-2005 et 2009-2010. Et les Pays-Bas ont fait encore pire. Même en 2012-2013, en pleine crise de l’euro, le gouvernement de Mario Monti est parvenu à présenter un excédent de 2% du PIB. Tout cela alors que, selon Monti lui-même, la politique d’austérité ‘a détruit la demande intérieure et aggravé la crise’’.

2. La dette publique élevée de l’Italie, souvent évoquée (133% du PIB), cache un autre phénomène

Selon DSK, le taux d’endettement des ménages doit également être inclus dans le calcul. Or ce taux est beaucoup plus élevé dans les pays dits des ‘quatre frugaux’ qu’en Italie. Il faut en effet distinguer dette publique et dette des ménages, mais en fin de compte, c’est bien la somme des deux dettes qui reflète à quel point un pays dépense plus qu’il ne produit.

Si l’on considère uniquement la dette des ménages, l’Italie obtient un bien meilleur score que la Suède, mais surtout que les Pays-Bas et le Danemark, qui affichent tous deux des dettes privées bien plus élevées que celles des ménages italiens (voir le graphique des Echos).

Si l’on additionne dette publique et dette des ménages, les ‘quatre frugaux’ ont une dette moyenne de 260% du PIB, tandis que celle des pays du Sud n’atteint ‘que’ 220% du PIB. Les pays les plus économes ne sont donc pas forcément ceux que l’on croit.

Dominique Strauss-Kahn conclut en affirmant qu’il ne reste au final que deux options: soit les pays de la zone euro se rapprochent les uns des autres, soit l’euro cesse d’exister.

Source: Les Echos


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