Principaux renseignements
- L’inflation suisse est restée stable à 0,6 pour cent en mai.
- La vigueur du franc neutralise la hausse des coûts énergétiques.
- Les experts en politique monétaire s’attendent à ce que les taux d’intérêt restent stables jusqu’en 2028.
Les dernières données de l’office national de la statistique révèlent que l’inflation suisse a augmenté de 0,6 pour cent en mai par rapport à l’année précédente. Ce chiffre correspond à celui d’avril et est inférieur à la hausse de 0,7 pour cent prévue par les analystes de Bloomberg. De même, l’inflation sous-jacente est restée stable à 0,3 pour cent. Ces chiffres indiquent que l’appréciation du franc suisse neutralise probablement la hausse des coûts de l’énergie.
Pas de hausse des taux d’intérêt
Cette mise à jour économique intervient juste avant la réunion de politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) prévue le 18 juin. L’inflation restant bien dans la fourchette cible officielle de 0 pour cent à 2 pour cent, les experts du marché ne prévoient aucun ajustement des taux d’intérêt avant 2028. Cette position diverge de l’approche de la zone euro, où les responsables envisagent une hausse des coûts d’emprunt.
Le président de la BNS, Martin Schlegel, reste convaincu que la hausse actuelle des prix est temporaire, affirmant que les pressions inflationnistes à moyen terme n’ont pas évolué de manière significative depuis le début du conflit en Iran.
L’impact du franc suisse
La vigueur du franc, qui s’est notamment traduit par une hausse de 0,5 pour cent par rapport à l’euro en mai, contribue à réduire le coût des biens importés, freinant ainsi l’inflation. Bien que la monnaie ait légèrement baissé à la suite du dernier rapport, Schlegel a averti que le statut de valeur refuge du franc pendant la guerre en Iran pourrait entraîner une nouvelle appréciation, incitant la BNS à intervenir.
Les facteurs économiques internes jouent également un rôle, la faiblesse de la demande des consommateurs et la baisse des investissements ayant freiné la croissance. Bien que les premiers chiffres de la croissance annuelle aient été révisés à la baisse, Schlegel s’attend à une reprise à terme.
Risques politiques
De plus, le référendum du 14 juin sur le plafonnement de la population à 10 millions d’habitants pourrait entraîner une forte volatilité économique. Des études gouvernementales suggèrent qu’une telle limite pourrait réduire la croissance de 12 pour cent au cours des prochaines décennies, une perspective à laquelle s’opposent tant le gouvernement que le monde des affaires.
Malgré ces défis, la stabilité des prix en Suisse reste supérieure à celle de ses voisins. Alors que la zone euro a vu les prix à la consommation bondir de 3,2 pour cent en mai, le taux suisse est resté à 0,9 pour cent selon les normes harmonisées de l’Union européenne.
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