Principaux renseignements
- Les subventions gouvernementales sur les carburants ont permis de ramener l’inflation sous-jacente du Japon à 1,4 pour cent en mai.
- La Banque du Japon prévoit de nouvelles hausses des taux d’intérêt malgré la stabilité des chiffres de l’inflation.
- La chute du yen menace la stabilité économique.
Les interventions gouvernementales dans le secteur de l’énergie ont contribué à stabiliser le principal indicateur d’inflation du Japon. Selon les données publiées vendredi par le ministère des Affaires intérieures et des Communications, l’indice des prix à la consommation sous-jacent – qui exclut les produits alimentaires frais – a augmenté de 1,4 pour cent en glissement annuel en mai. Ce chiffre correspond aux prévisions des experts et représente le niveau le plus bas depuis 2022.
Par ailleurs, un indicateur secondaire excluant à la fois l’énergie et les produits alimentaires frais a enregistré une hausse de 1,8 pour cent en glissement annuel, ce qui correspond également à la prévision médiane.
Mesures gouvernementales
Les résultats soulignent le succès des efforts déployés par la Première ministre Sanae Takaichi pour atténuer le coût de la vie, notamment grâce à des subventions sur les carburants.
Afin de protéger davantage les citoyens contre la volatilité économique causée par l’instabilité au Moyen-Orient, son gouvernement a élaboré un budget supplémentaire et mis en œuvre des mesures visant à réduire les frais de garde d’enfants. Malgré un accord de paix temporaire entre les États-Unis et l’Iran, les prix du pétrole restent élevés, et les experts estiment qu’il faudra sans doute beaucoup de temps avant que les livraisons de pétrole et de GNL transitant par le détroit d’Ormuz ne se stabilisent.
La Banque du Japon
Malgré ces chiffres stables, la Banque du Japon (BOJ) reste déterminée à poursuivre sa politique de resserrement monétaire. Après avoir récemment relevé son taux d’intérêt de référence à 1 pour cent – son plus haut niveau depuis 1995 – , la banque centrale a indiqué qu’elle continuerait à relever ses taux si les tendances économiques correspondaient à ses prévisions.
Affaiblissement du yen
Les fluctuations monétaires compliquent les tendances des prix. Le yen s’est considérablement affaibli, s’établissant en moyenne à 158,24 yens pour un dollar le mois dernier, soit une baisse de plus de 8 pour cent par rapport à l’année précédente.
À 10 h 04, la devise avait encore baissé pour s’établir à environ 161,27 yens, se rapprochant ainsi de son plus bas niveau depuis 40 ans, ce qui a accru le risque d’une intervention des pouvoirs publics pour soutenir la devise.
Taux d’intérêt futurs
La plupart des analystes prévoient que la Banque du Japon (BOJ) relèvera à nouveau les coûts d’emprunt avant la fin de l’année. Le vice-gouverneur Shinichi Uchida a souligné que la banque ajusterait ses politiques si nécessaire pour rester proactive. Les responsables s’inquiètent particulièrement d’une possible flambée de l’inflation sous-jacente une fois les subventions supprimées, notant que les entreprises ont rapidement répercuté la hausse des coûts énergétiques sur leurs chaînes d’approvisionnement. Cela est confirmé par l’indice des prix des biens des entreprises, qui a atteint en mai dernier son taux de croissance annuel le plus élevé depuis trois ans.
Inquiétudes concernant les produits de première nécessité
La Première ministre Takaichi s’inquiète tout particulièrement du coût persistant des produits de première nécessité. Les prix élevés des denrées alimentaires ont déjà réduit les dépenses de consommation consacrées aux articles non essentiels.
Cette tendance devrait s’intensifier, puisque Teikoku Databank indique que plus de 1 000 produits alimentaires et boissons devraient subir des hausses de prix en juin, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux 84 hausses observées en mai, en partie en raison de la hausse du coût des matériaux d’emballage en plastique.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

