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L’inflation indomptable rend inévitable une forte hausse des taux de la BCE en octobre

L’inflation indomptable rend inévitable une forte hausse des taux de la BCE en octobre
Christine Lagarde (Getty Images)

« Si nous devons sacrifier la croissance économique pour enrayer une inflation galopante, qu’il en soit ainsi », ont récemment annoncé en termes peu nuancés plusieurs hauts responsables de la Banque centrale européenne. Les derniers chiffres en Belgique et en Allemagne indiquent non pas un refroidissement, mais une accélération de l’inflation. Une nouvelle hausse importante des taux d’intérêt semble, en conséquence de la nouvelle logique de la BCE, inévitable.

Tout le monde l’a vu venir, mais personne n’a pu l’éviter. La zone euro est rapidement entrée dans le pire scénario économique possible, la stagflation.

Pour rappel, il existe logiquement quatre combinaisons possibles de croissance et d’inflation :

  • Croissance élevée, faible inflation : les banques centrales et les gouvernements ne doivent pas intervenir, car il s’agit du scénario idéal.
  • Faible croissance, faible inflation : les responsables politiques doivent passer à des politiques de stimulation pour relancer l’économie.
  • Croissance élevée, inflation élevée : la surchauffe de l’économie est imminente, la banque centrale peut utiliser les hausses de taux d’intérêt pour refroidir un peu l’économie.
  • Faible croissance, forte inflation : alias stagflation, le scénario misérable dans lequel nous avons atterri.

Impasse

Pour une banque centrale, la stagflation est une impasse. Une politique monétaire stimulante (par exemple, une baisse des taux d’intérêt) alimente encore plus l’inflation. Les politiques de resserrement monétaire (hausse des taux d’intérêt) rendent le crédit plus coûteux pour les ménages et les entreprises et freinent encore davantage l’économie en difficulté. En bref, la banque centrale n’a pas d’issue et est toujours en perte.

La BCE mord la pomme amère et a adopté depuis quelques semaines une ligne de conduite claire : la lutte contre l’inflation est la priorité, même au détriment de la croissance économique. Selon les critiques, Francfort ne fait donc qu’aggraver la récession.

Mais l’argument des banquiers centraux est que l’inflation a besoin de toute urgence d’un « point d’ancrage ». Une banque centrale ne peut rien faire contre l’origine de la hausse des prix – l’augmentation des coûts énergétiques – mais les hausses de taux d’intérêt peuvent refroidir les effets de secondaires et ainsi lisser les hausses de prix induites dans l’économie, selon le raisonnement.

Nouvelle politique de la BCE

Outre le sacrifice de la croissance économique, un autre élément a changé dans la politique monétaire de la BCE. Ses prévisions concernant l’inflation future étaient si souvent fausses – la guerre en Ukraine rend également l’incertitude exceptionnellement élevée – que la banque centrale semble désormais s’intéresser principalement à l’inflation enregistrée.

Sur cette base, la présidente Christine Lagarde & co ont procédé à une forte augmentation des taux d’intérêt, de 75 points de base, il y a trois semaines.

  • Le taux directeur, qui guide le crédit dans la zone euro, est ainsi passé de 0,50 % à 1,25 %.
  • Le taux de dépôt, que les banques obtiennent pour placer leur argent auprès de la BCE, passe en même temps de 0,00 % à 0,75 %.

Accélération de l’inflation

Depuis lors, l’inflation n’a fait que s’accélérer. En particulier, l’observation de jeudi selon laquelle le niveau des prix dans l’Allemagne allergique à l’inflation a augmenté de 10,0% en un an déclenchera des signaux d’alarme à Francfort. En outre, les prix à la production allemands affichent encore de nombreuses et fortes hausses et les mois de fin d’année à forte intensité énergétique sont encore à venir.

Conclusion : de nouvelles hausses de taux d’intérêt sont inévitables. Et comme la BCE a relevé ses taux d’intérêt de 75 points de base le 8 septembre, les économistes s’attendent à ce que Madame Lagarde fasse de même lors de la prochaine décision sur les taux d’intérêt, prévue pour le 27 octobre. Les familles et les entreprises désireuses de contracter des prêts sont donc prévenues : l’ère de l’argent bon marché est révolue.

(JM)

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