L’hiver et Poutine poussent le prix du gaz à un nouveau record: ce que cela signifie pour votre portefeuille

800% en 1 an. Les prix de gros du gaz ont explosé en 2021. La faute à une offre qui n’a pas pu suivre la demande et aux conflits géopolitiques avec les Russes, alors que l’hiver pointe sérieusement le bout de son nez. Du très concret pour les consommateurs et les entreprises.

22% sur la journée d’hier, 90% depuis le 1er décembre et 800% depuis un an. Le prix de référence du gaz, le TTF néerlandais, s’installe ce mercredi à 180 euros le mégawattheure (MWh), du jamais vu. Cela fait des mois que le conflit entre la Russie en Ukraine pourrit la situation. L’Europe a tenté de faire acheminer les pétroliers de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis l’Asie vers ses ports, mais cela ne devrait pas avoir d’impact avant plusieurs mois. En attendant, des fournisseurs d’énergie commencent à mettre la clé sous la porte, en Belgique comme à l’étranger.

The ICE

La première cause de cette augmentation est connue. Il s’agit de l’énorme demande qui a suivi la reprise économique post-coronavirus. L’offre n’a tout simplement pas pu suivre. Aujourd’hui, l’Europe entre dans l’hiver et est touchée par une vague de froid qui met, comme attendu, une pression sur les prix. Le Financial Times mentionne également, dans une moindre mesure, les pannes nucléaires en France qui ont également contribué à faire augmenter les prix, alors que l’Allemagne s’apprête à fermer près de la moitié de sa capacité nucléaire avant la fin de l’année.

Indépendance énergétique

Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, a déclaré que cette situation doit pousser le continent vers l’indépendance énergétique en misant sur le renouvelable: « Plus nous arrivons rapidement aux énergies renouvelables, moins nous sommes exposés aux flambées de prix provenant des combustibles fossiles importés. »

D’autres lui répondront qu’ils préfèrent pour l’instant miser sur le nucléaire, comme la Finlande, qui vient d’achever le réacteur nucléaire le plus puissant en Europe, un EPR de nouvelle génération. La France, mais aussi les Pays-Bas veulent continuer d’investir dans l’atome pour moins dépendre du gaz russe, qui représente 40% des importations européennes. La Belgique se tâte.

Hier, Gazprom a coupé le gazoduc Yamal-Europe qui va de la Russie à l’Allemagne en passant par l’Ukraine et la Pologne. Les températures ont chuté à Moscou, et Gazprom a décidé de préserver sa capacité d’exportation. La Russie se défend de vouloir mettre la pression sur les capitales européennes dans le cadre du conflit avec l’Ukraine, alors que le gazoduc Nord Stream 2 est pour l’instant bloqué. « Il n’y a absolument aucun lien [avec Nord Stream 2]. Il s’agit d’une situation purement commerciale », a déclaré mardi Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. La hausse des prix arrange en tout cas bien Gazprom avec des bénéfices records cette année, ainsi que l’État russe propriétaire à hauteur de 38%.

Portefeuille

Pour les consommateurs, ces lointains conflits géopolitiques ont des effets très concrets. Pour l’heure, la Creg estime que la facture annuelle des ménages wallons s’est envolée à 2.981 euros pour le gaz, alors qu’il en fallait 1.199 euros l’année dernière. L’électricité, qui est influencée par les prix du gaz, observe une augmentation de 50% à 1391,77 euros sur votre facture annuelle (contre 924 euros l’année dernière). Ces chiffres concernent les personnes disposant d’un contrat variable.

À Bruxelles, il fallait débourser en novembre 2.800,46 euros de facture annuelle pour le gaz (contre 1.026,80 euros l’année dernière) et 1.254,90 euros pour l’électricité (contre 770,18 euros l’année dernière).

Pour les contrats fixes, il n’y a pas encore d’incidence sur la facture tant que le contrat n’est pas arrivé à échéance. Mais ce sont les fournisseurs qui en pâtissent entretemps.

Ces chiffres, vous l’aurez compris, devraient encore s’envoler dans les prochains mois.

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