L’Europe ne compte pas laisser ses entreprises aux mains de ‘prédateurs’ étrangers

Ursula von der Leyen. – Isopix

L’Union européenne prévoit d’aider à bloquer les rachats étrangers de sociétés européennes aux prises avec le coronavirus. Elle envisage de permettre aux gouvernements d’investir dans ces entreprises plus vulnérables.

Cette dernière mesure serait toutefois ‘de dernier recours’, mais la Commission européenne affirme consulter actuellement les États membres.

L’Europe craint effectivement que des investisseurs étrangers ne tentent d’acquérir des entreprises européennes ‘afin de prendre le contrôle de technologies, d’infrastructures ou de savoir-faire clés’. Une possibilité qui suscite ‘des inquiétudes en matière de sécurité’.

‘L’Europe n’est pas à vendre’, a déclaré la ministre néerlandaise du Commerce, Sigrid Kaag. Elle a confirmé qu’il y avait bien ‘convergence et consensus’ autour de cette idée.

Interventions des États

Vu l’impact financier que subissent les entreprises à cause du coronavirus, une protection supplémentaire est également à l’étude.

‘Cela ne relève pas en principe du contrôle des aides d’État de l’UE et peut notamment être important pour les interventions des États membres visant à empêcher les rachats hostiles de sociétés stratégiques par des acheteurs étrangers’, a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.

‘Comme dans toute crise, les actifs industriels et les entreprises sont sous tension. La résilience de nos industries, leur capacité à continuer de répondre aux besoins des citoyens de l’UE et la préservation des actifs stratégiques et de la technologie sont des éléments clés’, ajoute-t-il.

Mais l’UE ne devra pas non plus ‘retomber dans le protectionnisme ou les mesures nationales’, a prévenu pour sa part la ministre néerlandaise du Commerce.

Menace chinoise

La menace, elle vient notamment de Chine: l’empire du Milieu lorgne depuis longtemps déjà les entreprises européennes. La situation précaire actuelle pourrait les rendre d’autant plus vulnérables aux rivales étrangères.

‘La Commission est tout à fait consciente des préoccupations que suscitent les opérations impliquant des entreprises bénéficiant de subventions de pays tiers ou d’aides d’État, qui pourraient avoir des effets de distorsion sur le marché intérieur européen’, a déclaré la Commission.

‘Certaines entreprises ayant perdu des dizaines de points de pourcentage de leur valeur, il est important que nous puissions nous assurer qu’il n’y ait pas d’OPA prédatrices qui ne seraient pas souhaitables’, a aussi indiqué à l’AFP Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État auprès du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères. L’une des priorités est donc de contrer la concurrence déloyale de ces entreprises d’État très puissantes.

Le mois dernier, l’organe exécutif de l’UE avait déjà viré en ce sens. La Commission avait publié des lignes directrices pour garantir une approche européenne solide en matière d’examen des investissements étrangers ‘en période de crise de santé publique et de vulnérabilité économique connexe’.

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