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‘L’espionnage des étudiants chinois dans les universités belges est l’une des trois plus grandes menaces’

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Politique

03/07/2020 | Dominique Dewitte | 5 min de lecture

Pascal Pétry, Administrateur général adjoint de la Sûreté de l'Etat (Capture d'écran RTL.be)

Des dizaines d’étudiants chinois suivent des cours dans les universités belges. D’après le rapport annuel de la Sûreté de l’État, ces étudiants constituent la troisième menace la plus pesante sur notre pays, après le salafisme et les mouvements d’extrême droite. 

L’université chinoise citée dans le rapport est une académie militaire, la Chinese National University of Defense Technology. Selon la Sûreté de l’État, ses étudiants viennent dans notre pays ‘pour acquérir des connaissances technologiques essentielles sur certains développements militaires’. Ils emportent ensuite dans leur pays toutes ces connaissances acquises dans les universités belges pour les mettre à la disposition de leur armée’. Une situation jugée préoccupante pour la Sûreté de l’État, car le phénomène s’est amplifié depuis que les États-Unis ont limité le nombre d’étudiants chinois sur leur territoire. 

Vol systématique de connaissances

Le Département de la Sûreté de l’État a également dénoncé une fuite des cerveaux, un vol des compétences systématique encouragé par le gouvernement chinois, qui a mis sur pieds un ‘concours de talents’ (Thousands Talents). La compétition, instaurée en 2008, récompense les étudiants qui réussissent à apporter les informations les plus intéressantes dans leur pays. Par cette démarche, les autorités chinoises entendent ‘repérer et recruter des experts internationaux de premier plan dans le domaine de la recherche scientifique, de l’innovation et de l’entrepreneuriat’. 

Le recrutement aurait été interrompu en mai, sous la pression des États-Unis. ‘Des « chercheurs » chinois ont été interceptés aux États-Unis. Ils auraient subtilisé et emporté des échantillons de médicaments contre le cancer et d’autres plans de pièces d’avion. (…) Les participants à ces programmes ont également été actifs dans les universités belges’, pouvait-on lire dans le rapport. 

Il s’agit donc bel et bien d’espionnage et d’une entrave à la compétitivité belge, ce qui prive potentiellement les universités de revenus. Tel est le cas, par exemple, des licences relatives aux  nouvelles technologies. D’après le Département de la Sûreté de l’État, les universités belges seraient une ‘mine d’or’ dans le secteur.  

En avril dernier, des étudiants chinois avaient subtilisé des informations à l’entreprise hollandaise ASML, spécialisée dans la fabrication de puces. Les  protagonistes étaient des anciens employés haut placés dans l’entreprise ayant ont violé la confidentialité de leur contrat de travail : ils auraient partagé ces informations avec une filiale d’une société chinoise, appelée XTAL. Le tribunal avait accordé 198 millions d’euros de dommages et intérêts à l’entreprise, victime d’espionnage industriel.

Pourtant, l’agence néerlandaise de renseignements, l’AIVD avait déjà mis en garde les entreprises contre ce genre de pratique. En effet, les Pays-Bas seraient une cible privilégiée pour ses services informatiques et ses organisations actives dans le domaine de l’espace et de l’aviation.

250 espions chinois actifs en Belgique

En février 2019, le Service européen  pour  l’action extérieure (SEAE), tirait la sonnette d’alarme. Pas moins de 250 espions chinois actifs auraient été recensés en Belgique. En novembre dernier,  Xinning Song, le directeur chinois de l’Institut Confucius de  l’Université libre de Bruxelles (ULB) s’est vu refuser l’accès à l’espace Schengen pour une période de 8 ans car il était suspecté d’espionnage. Le directeur avait alors fermement nié les accusations. 

En guise de prévention, la Sûreté de l’État a commencé à sensibiliser les étudiants et les chercheurs scientifiques aux risques de l’espionnage industriel. Interviewé par RTL, Pascal Pétry, criminologue et administrateur général adjoint à la Sûreté de l’État, affirme que la menace ne vient pas seulement de Chine. D’après lui, il s’agit d’un phénomène mondial : ‘Malheureusement, c’est un phénomène global (…), Il y a eu en Belgique, à un moment donné, des visites qui ont été faites pour pouvoir faire une sorte de cadastre des sociétés en difficulté pour être prêts à les racheter ou à s’en emparer dans un moment de crise’. 

Source: BusinessAM


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