Les truands des Balkans ont un modèle économique ‘imbattable’

Un trafiquant de drogue albanais est escorté par la police allemande. – Photo: Armin Weigel/dpa

Les bandes organisées des Balkans ont un modèle économique ‘imbattable’, peut-on le lire dans un rapport de l’ONG ‘Global Initiative against Transnational Organised Crime’.

Après la désintégration de la Yougoslavie, les célèbres Pink Panthers se sont fait un nom en Europe. Il s’agissait d’une alliance criminelle d’une centaine de voleurs de bijoux, provenant pour la plupart de l’ancienne république. Entre 1993 et 2014, ils ont été soupçonnés d’avoir commis plus de 341 vols de bijoux en Europe. Plus de 300 millions d’euros ont été dérobés.

Si la plupart d’entre eux sont depuis morts, à la retraite ou en prison, une nouvelle génération de criminels, technologiquement à la pointe, leur a succédé. Et ces nouveaux venus jouent en ‘première division’, affirme le rapport.

Celui-ci évoque une ‘génération de criminels modernes, dynamiques et entreprenants qui sont extrêmement compétents pour s’adapter à des circonstances changeantes, pour innover et pour tirer profit de technologies toujours plus performantes’. Par exemple, ils échangent des messages via des réseaux entièrement cryptés et blanchissent leurs revenus au moyen de cryptomonnaies et de comptes offshore.

Les rumeurs d’un vaste cartel des Balkans ou d’une mafia albanaise sont infondées. Au lieu de cela, il y aurait plutôt tout un réseau de petites bandes organisées. Celles-ci achètent de la drogue en Amérique latine et la font ensuite passer en contrebande dans les ports de l’UE via un réseau de marins issus des Balkans. Certaines d’entre elles sont également actives en Afrique du Sud, en Turquie et en Australie.

Le port d’Anvers, plaque tournante de la mafia des Balkans

Leurs compatriotes distribuent ensuite la drogue dans la rue. Certaines transactions sont entièrement traitées en dehors des Balkans. La région constitue en effet un marché trop petit pour le crime organisé. Le gros de l’argent est gagné ailleurs. En Belgique, par exemple, qui est mentionnée 18 fois dans le rapport et qui a saisi plus de 44 tonnes de cocaïne en 2017, le port d’Anvers est également utilisé comme plaque tournante par la mafia des Balkans.

Ces organisations criminelles occasionnent à leurs pays d’origine une réputation douteuse, ce qui n’est pas sans conséquence pour les autres ressortissants de la région. Par exemple, les Kosovars ne peuvent entrer dans l’espace Schengen qu’avec un visa et les Pays-Bas (qui ont une grande expérience en matière de mafia ‘yougoslave’) utilisent le crime organisé comme argument pour retarder l’adhésion des pays des Balkans à l’UE.

La meilleure façon de lutter contre ces bandes organisées n’est toutefois pas claire. Le rapport appelle notamment à une meilleure coopération entre les différents pays, à la confiscation des avoirs et au partage des informations. Pas facile quand on sait que ces criminels ont l’habitude d’assumer plusieurs identités différentes…