Principaux renseignements
- La Chine doit renforcer la réglementation du travail pour empêcher l’IA d’affaiblir la protection des travailleurs. C’est ce qu’affirme le Workers’ Daily.
- La substitution algorithmique menace des millions d’emplois et risque d’entraîner une instabilité sociale.
- Selon le Workers’ Daily, l’intervention des pouvoirs publics doit garantir que la technologie serve l’intérêt général plutôt que les seuls profits des entreprises.
Alors que l’intelligence artificielle s’intègre de plus en plus dans la main-d’œuvre chinoise, une publication affiliée à l’État a lancé un avertissement sévère concernant la nécessité de préserver la protection des employés. Le Quotidien des travailleurs, qui sert de porte-parole officiel aux syndicats du pays, a publié un éditorial exhortant les autorités à s’attaquer de manière proactive aux risques associés à cette évolution technologique. La publication a fait valoir que les avantages de l’IA devraient profiter à l’ensemble de la communauté plutôt que de permettre à une minorité de chefs d’entreprise d’éroder les normes du travail.
Plaidoyer en faveur de la surveillance et de la réglementation
Pour atténuer ces risques, le journal a plaidé en faveur d’une supervision gouvernementale plus stricte des algorithmes d’IA et d’une réglementation du travail plus solide. Il a notamment suggéré que les employés et les syndicats devraient jouer un rôle plus important dans le processus de surveillance. La publication a lancé une série complète de rapports axés sur la « vague de l’IA », soulignant comment ces outils peuvent être utilisés pour exploiter de manière abusive les compétences professionnelles ou porter atteinte aux droits individuels.
Suppression d’emplois
L’intégration de l’IA est particulièrement précaire pour Pékin, car l’harmonie sociale et les taux d’emploi constituent des priorités politiques essentielles. Ce défi est aggravé par un marché de l’emploi déjà fragile, qui entrave les efforts visant à renforcer la confiance des consommateurs nationaux.
Les projections de Citigroup suggèrent que la propagation continue de l’IA pourrait finir par entraîner la perte d’emploi de près de 70 millions de personnes à travers le pays.
Le sort de l’économie des petits boulots
Au-delà du chômage de masse, l’éditorial a mis en avant le sort des travailleurs de l’économie des petits boulots, tels que les livreurs et les chauffeurs de VTC. Il a souligné que des systèmes algorithmiques opaques dictent souvent les taux de rémunération et la répartition des commandes, ce qui creuse encore davantage le fossé entre riches et pauvres.
Le journal a insisté sur le fait que la décision de remplacer la main-d’œuvre humaine par des machines ne devrait pas être dictée uniquement par les tendances du marché ; elle nécessite au contraire une intervention stratégique du gouvernement.
Nécessité d’une intervention des pouvoirs publics
En réponse à ces pressions, le gouvernement chinois aurait mis en garde les entreprises technologiques contre l’utilisation de l’IA comme justification pour des licenciements. Des décisions judiciaires récentes à Hangzhou et Pékin ont donné raison aux travailleurs, statuant que les entreprises doivent proposer une reconversion ou des postes alternatifs avant qu’un licenciement ne soit légal.
De plus, le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a annoncé plus tôt cette année qu’il élaborait des stratégies spécifiques pour gérer les perturbations du marché du travail causées par l’IA.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

