Principaux renseignements
- La Chine a annulé des réunions diplomatiques de haut niveau afin de faire pression sur l’Union européenne.
- La loi sur l’accélérateur industriel vise à relancer l’industrie européenne par le biais de politiques protectionnistes.
- Les déficits commerciaux massifs et la flambée des importations chinoises menacent la stabilité économique européenne.
La Chine a annulé de manière inattendue deux réunions diplomatiques de haut niveau avec l’Union européenne, dont une réunion sur les questions numériques et une rencontre avec un haut diplomate de l’UE. C’est ce que rapporte le Financial Times. Bien que le gouvernement chinois n’ait fourni aucune explication officielle pour ces annulations, cette décision est largement interprétée comme une réaction aux efforts croissants de l’UE pour protéger ses propres industries nationales de la concurrence chinoise.
De tels camouflets diplomatiques sont souvent utilisés comme moyen de pression lorsque les relations bilatérales deviennent tendues, à l’image d’un incident précédent où l’UE avait annulé un sommet économique en raison de différends commerciaux non résolus.
Inquiétude croissante face au déclin industriel
Les pays européens s’inquiètent de plus en plus du déclin de l’influence de leur secteur industriel. Alors que les membres de l’UE étaient auparavant divisés – la France et l’Italie étant favorables à des droits de douane sur les véhicules électriques tandis que l’Allemagne et la Hongrie s’y opposaient – un consensus se dessine.
Les dirigeants industriels allemands ont récemment qualifié la concurrence chinoise de « catastrophique » , et le Premier ministre Bart De Wever a explicitement averti que la Chine était en train de démanteler l’industrie européenne.
Loi sur l’accélérateur industriel
En réponse à ces menaces, la Commission européenne a présenté la loi sur l’accélération industrielle. Cette proposition législative vise à faire passer la part de l’économie industrielle dans le PIB de l’UE de 14,3 pour cent à 20 pour cent.
Le plan prévoit de donner la priorité aux entreprises européennes pour les marchés publics, d’encourager le recours à des fournisseurs internes à l’UE et d’exiger des entreprises chinoises qu’elles partagent leurs secrets technologiques comme condition pour opérer au sein de l’Union – une politique que la Chine elle-même applique depuis longtemps aux entreprises étrangères. Pékin a qualifié les mesures de « systématiquement discriminatoires » et a laissé entendre qu’il pourrait intenter des poursuites devant l’Organisation mondiale du commerce.
Tensions diplomatiques
La tension atteint son paroxysme alors que les dirigeants de l’UE s’apprêtent à se réunir à Bruxelles pour discuter des « défis économiques mondiaux », une expression qui sert d’euphémisme à la crise avec la Chine.
Malgré les efforts du président français Emmanuel Macron pour maintenir le dialogue par le biais d’une vidéoconférence G7-Chine sur les « déséquilibres commerciaux », certains responsables, dont De Wever, ont critiqué ce langage prudent, y voyant une manière d’esquiver le véritable problème.
Fossé économique qui se creuse
Les disparités économiques sont frappantes, l’UE étant confrontée à un déficit commercial avec la Chine qui dépasse désormais le milliard d’euros par jour. Cet écart s’est creusé alors que les importations chinoises de machines, de semi-conducteurs et de véhicules électriques ont bondi à 145 milliards d’euros au premier trimestre de cette année, en partie parce que les droits de douane américains ont poussé davantage de produits chinois vers l’Europe.
Dans le même temps, les exportations européennes s’effondrent. Les voitures étrangères, autrefois symboles de statut social en Chine, sont remplacées par des marques locales, ce qui porte un coup dévastateur au secteur automobile allemand et affecte les industries chimiques et métallurgiques à travers le continent.
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