Les résultats mitigés des grandes banques américaines annoncent la couleur

Les résultats au 4e trimestre des grandes banques américaines sont globalement en dessous des attentes et donnent un avant-goût de deux semaines qui s’annoncent intenses.

Pourquoi est-ce important ?

Les grandes banques américaines sont les premières à passer sur le billard. De mauvais résultats trimestriels donnent généralement le ton de ce qui attend les autres grandes entreprises, tout en introduisant le contexte économique pour les mois à venir.

Dans l’actu : les résultats de Bank of America, JP Morgan, Wells Fargo et Citigroup.

  • Les bénéfices nets de Citigroup ont baissé de 21% au 4e trimestre, par rapport à l’année dernière. La raison principale ? La baisse de la croissance des prêts, signe d’un ralentissement économique. En outre, la banque a été contrainte de mettre de l’argent de côté pour les pertes de crédit. Wells Fargo a déçu pour les mêmes raisons, dans une moindre mesure.
  • JP Morgan a fait un peu mieux que prévu au niveau des bénéfices (+6%) et de ses revenus (17%). La banque est sauvée par les taux d’intérêt élevés : ses revenus d’intérêt ont augmenté de 48%. Mais au niveau des provisions pour pertes, l’augmentation est de 49% par rapport au 3e trimestre.
  • Bank of America suit la même trajectoire. Plus que les autres, la banque est très avantagée par la hausse des taux d’intérêt. Ses revenus nets d’intérêt ont augmenté de 29% par rapport à l’année dernière.

La ligne directrice : les provisions pour pertes de crédit et défauts de paiement augmentent.

  • Les banques évoluent globalement dans un contexte intéressant. Celui de la hausse des taux d’intérêt, qui accroit leurs revenus. Mais ce qu’elles gagnent d’un côté, elles peuvent le perdre de l’autre, avec la baisse de la croissance de prêts qui commence à pointer le bout de son nez. Les clients sont moins enclins à contracter des prêts.
  • En outre, les banques se préparent aux défauts de paiement et constituent des provisions qui font nécessairement descendre leurs bénéfices. Les banques se barricadent face à une année 2023 plus douloureuse.

2 semaines de résultats : la semaine prochaine et surtout la semaine d’après, ce sera le grand bal des résultats du Q4.

  • Le problème des entreprises est la compression des marges : c’est le thème de ce Q4 2022 et de ce début d’année 2023. Si les prix des matières premières ont baissé ce 4e trimestre, le casse-tête des PDG, ce sont désormais les salaires. Avec la baisse de la consommation et de la demande, les entreprises ne peuvent plus répercuter toute l’inflation sur leurs produits. On l’a vu encore aujourd’hui avec Tesla, qui a baissé ses prix aux États-Unis et en Europe, après l’avoir fait en Chine.

Le contexte économique : le mot récession est lâché, mais elle sera légère.

  • Toutes les banques tablent sur un ralentissement économique. Le mot récession est lâché, mais plus personne n’est vraiment catastrophiste. Pas même le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, qui parlait l’année dernière « d’ouragans » sur l’économie américaine.
  • Aujourd’hui, Dimon estime que l’économie américaine « reste actuellement forte » même s’il se méfie toujours pour la suite : « Nous ne connaissons toujours pas l’effet final des vents contraires provenant des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, l’état vulnérable des approvisionnements énergétiques et alimentaires, l’inflation persistante qui érode le pouvoir d’achat et a poussé les taux d’intérêt à la hausse, et le resserrement quantitatif sans précédent. »
  • Pour l’heure, les chiffres de l’emploi américain restent solides. Seule le salaire-horaire s’est quelque peu tassé. Pas de quoi faire changer la Fed de sa trajectoire. Mais plutôt qu’une récession lourde, les banques entrevoient un atterrissage en douceur de l’inflation.
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