Les responsables de l’inflation dont personne ne parle : « Les milléniaux »

En Europe comme aux États-Unis, l’inflation frôle les 10%. Beaucoup attribuent ce nouveau standard à la réponse trop tardive des banques centrales. Mais personne ne pointe du doigt les milléniaux (génération Y), ces personnes nées entre le début des années 80 et le milieu des années 90. Ils représentent la plus importante catégorie d’âge en termes d’achat de voiture ou de nouvelle maison.

Reprise post-covid, troubles dans la chaîne d’approvisionnement, crise de l’énergie et politique trop accommodante des banques centrales. Ces raisons sont souvent évoquées pour expliquer l’importance de l’inflation. À raison. Mais selon Bill Smead, directeur des investissements chez Smead Capital Management, interrogé par le média économique américain CNBC, il manque un élément.

« Beaucoup de gens ne mentionnent pas ce qui cause réellement l’inflation. Le fait que trop de gens avec trop d’argent courent après les mêmes biens », explique l’analyste. Smead fait référence aux milléniaux, les personnes âgées entre 27 et 42 ans, et qui représentent 92 millions de personnes aux États-Unis.

Baby-boomers

« Nous avons ce groupe de personnes qui a reporté l’achat d’une maison, d’une voiture, en moyenne 7 ans plus tard que la plupart des générations », développe-t-il. « Mais au cours des deux dernières années, elles sont toutes entrées dans la partie ensemble. Ce n’est que le début d’une période, de 10 à 12 ans, où environ 50% de personnes en plus que le groupe précédent veulent les mêmes choses. »

Si la pandémie a pu retarder certains achats, les milléniaux se sont lâchés en 2021 et en début d’année 2022, profitant de taux d’intérêt encore très avantageux pour acheter une maison ou une voiture. Une plus grande demande prête à payer cher pour un nombre de biens réduits a fait exploser les prix.

« La dernière fois que nous avons vu ce que nous appelons une « inflation wolverine » – c’est-à-dire une inflation difficile à arrêter pour les décideurs – c’était lorsque 75 millions de baby-boomers avaient remplacé 44 millions de personnes de la génération des années 1970. »

On estime que les personnes nées entre 1980 et 2000 (les générations Y et Z) représentent la moitié des consommateurs dans le monde. Ce phénomène pourrait donc encore s’accentuer.

Quelques réserves

Beaucoup de milléniaux ne seraient sans doute pas vraiment d’accord avec ce raisonnement. Car s’il est vrai qu’un boom a eu lieu dans l’immobilier, tant au niveau des achats que des prix, différentes enquêtent montrent que 60% des milléniaux ont retardé leur achat au cours des deux dernières années. Les prix élevés des maisons sont un frein pour les acheteurs qui n’ont pas d’apport suffisant.

En outre, il y a la montée des taux d’intérêt qui se dessinent déjà. 44% des milléniaux interrogés ont déclaré que la hausse des taux les a poussés à retarder l’achat d’une nouvelle maison, contre seulement 6 % des baby-boomers, écrit CNBC.

Enfin, 18% des milléniaux (8% de plus qu’il y a deux ans !) pensent qu’ils payeront des loyers toute leur vie et qu’ils ne deviendront pas propriétaires.

Reste que les milléniaux sont la première catégorie de personnes en termes de population, et qu’ils représentent le plus grand groupe d’acquisition immobilière par génération.

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