Principaux renseignements
- La flambée des prix du pétrole, des frais de transport et des primes d’assurance paralyse le secteur indien du raffinage.
- Les contrôles des prix et les taxes à l’exportation mis en place par le gouvernement indien pèsent encore davantage sur les raffineurs, déjà aux prises avec une hausse des dépenses.
- Les raffineurs risquent de subir des pertes s’ils n’augmentent pas les prix des carburants, mais des considérations politiques pourraient limiter l’ampleur des ajustements.
Le conflit impliquant l’Iran a créé un environnement difficile pour le secteur indien du raffinage. Les raffineurs subissent une pression importante en raison de la flambée des prix du pétrole, de la hausse des coûts de transport et d’assurance, et de la dépréciation de la roupie.
Intervention gouvernementale
Afin de protéger les consommateurs de l’impact de ces hausses de coûts, le gouvernement indien a choisi de maintenir la stabilité des prix du carburant à la pompe. Cette politique a limité la capacité des raffineurs à répercuter la hausse de leurs dépenses. De plus, de lourdes taxes ont été imposées pour freiner les exportations, ce qui met encore davantage sous pression les entreprises de raffinage.
Les raffineurs sont également poussés à maintenir leurs niveaux de production et à augmenter la production de gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour pallier la pénurie de ce combustible essentiel à la cuisine. Ces facteurs combinés exercent une pression sans précédent sur les raffineurs indiens.
Hausse des coûts
Les dirigeants de Reliance Industries Ltd., l’une des plus grandes sociétés de raffinage du pays, ont souligné la flambée spectaculaire des coûts. Les tarifs de fret ont explosé, les primes sur le brut ont considérablement augmenté et l’assurance contre les risques de guerre est devenue exorbitante.
Les analystes estiment que les raffineurs indiens ont besoin d’un prix du brut compris entre 80 et 85 dollars le baril pour atteindre le seuil de rentabilité. Cependant, le Brent a récemment dépassé ce niveau, atteignant plus de 100 dollars le baril alors que les pourparlers de paix sont au point mort. Cette situation pousse le gouvernement à envisager une hausse des prix des carburants pour la première fois en quatre ans.
Pertes et hausses de prix potentielles
Actuellement, les entreprises de raffinage et de vente au détail enregistrent des pertes de revenus substantielles sur les ventes de diesel et d’essence. Selon le ministère du Pétrole, ces pertes s’élèvent à environ 100 roupies par litre pour le diesel et 20 roupies par litre pour l’essence. Les analystes suggèrent que les prix de l’essence et du diesel pourraient être augmentés de manière réaliste de 25 à 28 roupies par litre, compte tenu des coûts d’importation du brut de l’Inde et des faibles marges bénéficiaires.
Inquiétudes concernant la rentabilité
Toutefois, des considérations politiques sont susceptibles de limiter l’ampleur de toute hausse des prix. Reliance Industries a déjà signalé une baisse de ses bénéfices due à l’impact du conflit sur son activité de transformation du pétrole en produits chimiques. Les petites sociétés de raffinage publiques ont également connu des baisses significatives de leur rentabilité.
La situation est encore compliquée par des contraintes d’approvisionnement et une disponibilité limitée de pétrole brut provenant des sources traditionnelles. L’Inde a été contrainte de puiser dans ses réserves stratégiques et commerciales pour répondre à ses besoins énergétiques. (fc)
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