Principaux renseignements
- Des sous-marins AIP peu coûteux peuvent facilement percer les défenses onéreuses des porte-avions américains.
- La flotte croissante de navires discrets de la Chine représente un risque considérable pour la sécurité nationale.
- Le déséquilibre financier favorise les adversaires à faible coût au détriment des moyens navals coûtant plusieurs milliards de dollars.
La marine américaine est confrontée à un problème grave. Ses investissements colossaux dans les porte-avions sont menacés par la prolifération de sous-marins diesel-électriques discrets et abordables.
Cette vulnérabilité a été clairement mise en évidence il y a près de deux décennies, lorsque les États-Unis ont loué le HSwMS Gotland, un sous-marin suédois, à des fins d’entraînement. Au cours de ces exercices, ce petit navire a contourné à plusieurs reprises les défenses sophistiquées de l’USS Ronald Reagan et de son groupe de frappe d’accompagnement, simulant avec succès de multiples frappes meurtrières contre ce porte-avions de plusieurs milliards de dollars.
Propulsion indépendante de l’air (AIP)
Le succès du Gotland tenait à sa propulsion indépendante de l’air (AIP), plus précisément à un système à moteur Stirling. Les sous-marins diesel traditionnels sont facilement détectables car ils doivent faire surface ou utiliser des schnorkels pour recharger leurs batteries. En revanche, l’AIP permet à un sous-marin de rester immergé et pratiquement silencieux pendant des semaines, ce qui lui permet d’attendre qu’une cible se jette directement dans une embuscade.
Cette technologie a efficacement neutralisé l’avantage de la flotte à propulsion nucléaire de la marine américaine dans certains scénarios d’embuscade.
Problème jamais traité
Malgré ces avertissements et des défaillances similaires impliquant des sous-marins canadiens et australiens lors de divers exercices militaires, les États-Unis ont peiné à combler ce déficit tactique.
Après la Guerre froide, la Marine a réorienté ses priorités vers la projection de puissance, ce qui a entraîné un déclin de ses capacités de lutte anti-sous-marine en eaux profondes. Cette absence de progrès a transformé une simple leçon d’entraînement en un risque majeur pour la sécurité nationale, d’autant plus que la Chine développe de manière agressive sa flotte sous-marine.
La menace croissante de Pékin
Pékin construit actuellement des dizaines de sous-marins de classe Yuan, qui utilisent la même technologie AIP qui a rendu le sous-marin suédois si efficace. Des rapports des services de renseignement indiquent que la force sous-marine chinoise pourrait compter jusqu’à 80 navires d’ici 2035, dont beaucoup seraient équipés d’un revêtement anéchoïque pour échapper aux sonars et de missiles de croisière avancés capables de frapper à distance.
De plus, la Chine développe un réseau de capteurs sous-marins pour guider ces sous-marins, maximisant ainsi leur puissance de feu.
Le déséquilibre économique de la guerre navale
Le déséquilibre financier de ce conflit est alarmant. Alors que les États-Unis dépensent plus de 13 milliards de dollars par porte-avions de classe Gerald R. Ford, ces mastodontes restent vulnérables face à des sous-marins qui ne coûtent qu’une fraction de ce prix. Bien que la Marine investisse actuellement dans des systèmes sans pilote et dans la modernisation de sa flotte, elle n’a pas encore prouvé qu’elle était capable de protéger de manière fiable ses actifs les plus coûteux contre un nombre croissant d’adversaires bon marché, silencieux et meurtriers. (fc)
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