Principaux renseignements
- Selon cette analyse, les conflits récents impliquant la Russie et l’Iran montrent que les puissances de taille moyenne sont capables de supporter de lourdes pertes sur le long terme.
- Les États-Unis passent d’un modèle d’alliance traditionnel à une approche plus large dans laquelle des pays partageant des intérêts communs en matière d’économie et de sécurité coopèrent.
- La stratégie américaine doit donner la priorité à la domination totale dans les domaines aérien et sous-marin.
Les conflits récents impliquant la Russie et l’Iran illustrent une réalité qui donne à réfléchir : les puissances de rang intermédiaire possèdent l’endurance nécessaire pour supporter des pertes militaires massives sans s’effondrer, mais cette ténacité ne leur procure pratiquement aucun avantage stratégique. C’est ce qui ressort d’un rapport de 19FortyFive.
Ces guerres d’usure prouvent que, même si une nation peut survivre à des coups prolongés, il s’agit d’une stratégie inefficace qui la laisse épuisée et affaiblie. En conséquence, l’attrait pour la guerre conventionnelle limitée s’estompe, orientant la concurrence mondiale vers deux extrêmes distincts : une dissuasion de haut niveau pour prévenir les conflits et une pression constante de faible intensité qui reste en deçà du seuil de la guerre ouverte.
Le danger de la complaisance stratégique
Les résultats de ces engagements ont renforcé l’orientation stratégique de l’administration Trump. Si certains considèrent la neutralisation de l’armée iranienne et l’élimination des menaces au Venezuela comme des victoires absolues, l’histoire met en garde contre une telle complaisance.
Les triomphes passés, tels que ceux qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, ont souvent été suivis de conflits stagnants en Corée et au Vietnam, ou d’échecs en Afghanistan et en Irak. L’excès de confiance peut être un guide dangereux ; par exemple, la domination totale perçue après la guerre du Golfe n’a pas empêché les soldats d’être confrontés par la suite à des combats au corps à corps brutaux dans ces mêmes régions.
Une double approche de la sécurité moderne
Étant donné que des puissances de second rang peuvent désormais faire obstacle à des victoires rapides, l’avenir de la sécurité passe par l’équilibre entre deux sphères. La première consiste à renforcer la dissuasion conventionnelle et stratégique, en rendant essentiellement le coût de l’agression trop élevé pour tout adversaire.
La seconde consiste à gérer la guerre hybride persistante, qui inclut le sabotage économique, la manipulation politique et les cyberattaques. Les États-Unis s’attaquent à la première en augmentant massivement le budget du ministère de la Défense afin d’éliminer les vulnérabilités critiques de la défense nationale.
Des alliances aux parties prenantes
Parallèlement, Washington passe d’un modèle d’alliance traditionnel à une approche axée sur les « parties prenantes ». En s’associant à des nations qui partagent des intérêts communs en matière de stabilité et de libre-échange, les États-Unis encouragent le partage des responsabilités en matière de sécurité.
Cette stratégie s’éloigne d’une approche axée sur les priorités régionales, reconnaissant que les menaces mondiales sont désormais trop interconnectées pour isoler une zone géographique d’une autre.
Donner la priorité à la suprématie dans les domaines militaires
Au lieu de se concentrer sur des régions spécifiques, les États-Unis doivent donner la priorité aux domaines militaires. Si la suprématie absolue dans l’espace est probablement impossible et que le maintien d’une présence terrestre mondiale est irréaliste compte tenu de l’échelle du monde, d’autres domaines ne sont pas négociables. Les États-Unis doivent conserver une domination totale dans les airs et sous la mer.
En contrôlant ces deux domaines, les États-Unis s’assurent de pouvoir perturber les opérations de tout adversaire sur toutes les autres couches de l’espace de combat. En combinant cette suprématie spécifique à ces domaines avec une compétitivité dans le spectre électromagnétique et la résilience humaine, les États-Unis peuvent préserver leurs intérêts à une époque de conflits prolongés et acharnés.
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