Principaux renseignements
- La bureaucratie américaine a retardé d’un mois des transferts de missiles essentiels, malgré l’existence de dérogations d’urgence.
- Dix intercepteurs PAC-2 n’offrent pas une protection suffisante contre des frappes balistiques à grande échelle.
- La technologie obsolète des fusées de proximité limite l’efficacité de ces missiles contre des cibles balistiques.
Il a fallu un mois entier au gouvernement américain pour autoriser le transfert par l’Allemagne de 10 missiles PAC-2 GEM-T vers l’Ukraine, un retard qui met en évidence les obstacles bureaucratiques en période de conflit actif.
30 jours
Bien que l’Allemagne ait soumis sa demande le 14 août, l’autorisation n’a été accordée que 30 jours plus tard. Si la législation américaine accorde généralement au Congrès un délai d’un mois pour examiner et éventuellement bloquer le transfert d’armement de fabrication américaine par des tiers, une « dérogation d’urgence » aurait pu accélérer la procédure.
Pour des raisons qui restent obscures, ce mécanisme plus rapide n’a pas été utilisé malgré le caractère urgent de la situation.
Quantités insuffisantes
Cette livraison, d’une valeur d’environ 29,6 millions de dollars (25,8 millions d’euros), est d’une ampleur largement insuffisante compte tenu de l’ampleur des menaces actuelles.
Ces 10 intercepteurs ne permettraient de protéger l’Ukraine que contre une seule frappe de missiles balistiques à grande échelle.
Mauvaise gestion des ressources
Cette maigre contribution contraste fortement avec les dépenses militaires américaines ; lors d’une attaque iranienne le 9 septembre, les États-Unis ont utilisé environ 70 intercepteurs PAC-3 et 12 intercepteurs THAAD pour cibler seulement 20 missiles.
Cette seule opération a coûté plus d’un demi-milliard de dollars et n’a pourtant pas réussi à neutraliser deux des menaces entrantes, ce qui illustre un manque de parcimonie dans l’utilisation des ressources qui aggrave la pénurie mondiale de ces armes.
Limites techniques du PAC-2
De plus, le type spécifique de missile fourni, le PAC-2 GEM-T, est moins efficace contre les cibles balistiques. Contrairement au PAC-3 MSE, plus récent, qui utilise une approche par impact direct avec un radar autonome, le PAC-2 repose sur des fusées de proximité, ce qui le rend moins précis.
Il offre toutefois une portée d’engagement supérieure, pouvant atteindre 160 km, ce qui le rend très efficace pour contrer les aéronefs plutôt que les missiles balistiques. Cette divergence souligne encore davantage le fossé entre les besoins défensifs critiques de l’Ukraine et les moyens limités qui lui sont fournis.
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