Les Norvégiens paient les demandeurs d’asile volontaires pour quitter le pays

En Norvège, de plus en plus de demandeurs d’asile, découragés par les délais très longs pour obtenir un regroupement familial, ou les barrières à l’emploi ou à l’accès à une formation, acceptent de quitter le pays contre de l’argent, rapporte The independent.

“Ils ont cru qu’en venant en Norvège, ils obtiendraient une protection assez rapidement. Et qu’ils auraient l’opportunité de travailler ou de décrocher une formation, ou même de faire venir leur famille en Norvège”, a expliqué Katinka Hartmann, qui dirige l’unité des retours du Directorat Norvégien de l’immigration (Utlendingsdirektoratet – UDI) à la chaîne NRK.

Après avoir découvert que le processus de regroupement familial pouvait prendre des années, beaucoup de migrants renoncent à attendre, et sollicitent l’assistance pour retourner dans leur pays d’origine. Les réfugiés déboutés de leur demande d’asile peuvent également solliciter l’aide financière au retour.

Selon l’UDI, plus de 900 personnes auraient déjà quitté le pays, avec un pécule qui peut se monter à 8.600 euros pour une famille avec deux enfants, par exemple. L’Etat norvégien prend également en charge leur billet d’avion.

Au début de cette année, on ne comptait qu’une centaine de candidats au retour chaque mois, mais en octobre, on a enregistré 150 demandes, et en novembre, il y en a même eu 230, d’après le porte-parole de l’Organisation Internationale des migrations, Joost van der Aalst.

Ce dernier a confirmé que le délai très long pour obtenir le regroupement familial était un facteur important, mais il a aussi indiqué que certains migrants ne parvenaient pas à s’adapter à la vie dans des endroits très isolés, où il leur était parfois difficile d’exploiter leurs compétences professionnelles.