Les négociations budgétaires sont dans l’impasse: quelle suite?


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre Bart De Wever a présenté la démission de son gouvernement au roi après que les partenaires de la coalition n’ont pas réussi à s’entendre sur le budget fédéral.
  • Des divergences idéologiques concernant l’imposition des plus riches et des sportifs professionnels ont précipité l’effondrement politique.
  • Le roi Philippe a reporté l’acceptation de cette démission afin de contraindre les dirigeants des partis à trouver une solution.

La Belgique est entrée dans une crise politique officielle après que le Premier ministre Bart De Wever a présenté sa démission au roi Philippe lundi matin. Cette mesure radicale fait suite à l’échec des négociations budgétaires entre les partenaires de la coalition, à savoir la N-VA, le MR, Vooruit, le CD&V et Les Engagés. Les négociations se sont soldées par un échec, les partis n’ayant pas réussi à surmonter un fossé idéologique fondamental.

Conflits idéologiques autour des recettes

Le principal conflit découle d’un clivage classique entre la gauche et la droite concernant la manière dont les recettes doivent être générées. Le CD&V, Les Engagés et Vooruit plaident en faveur d’une augmentation des contributions des citoyens les plus riches, ceux que l’on appelle les «épaules les plus solides». La N-VA et le MR s’opposent toutefois fermement à une augmentation de la pression fiscale. Maxime Prévot, de Les Engagés, a notamment souligné les divergences d’opinion concernant le financement des soins de santé et une proposition visant à réduire de 70 millions d’euros les avantages fiscaux accordés aux footballeurs professionnels. Cette mesure aurait été bloquée par le chef du MR, Georges-Louis Bouchez, en raison de ses liens avec le club de football Royal Franc Borains. Dans un élan de solidarité face à cette impasse, Les Engagés ont proposé de réduire les salaires des ministres jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.

Action de report due au gel

Malgré la démission du Premier ministre, le roi Philippe a choisi de ne pas accepter immédiatement la démission du gouvernement, mais de garder cette décision en suspens. En reportant sa décision, le souverain entend maintenir une forte pression sur les partenaires de la coalition. À partir de mardi, le roi s’entretiendra lui-même avec les chefs de parti. Le Premier ministre Bart De Wever doit quant à lui se rendre à nouveau au palais royal vendredi prochain. Les experts soulignent qu’il serait prématuré d’accepter cette démission. De nouvelles élections ne résoudraient probablement pas les problèmes sous-jacents et pourraient entraîner une nouvelle période prolongée de formation de gouvernement.

Risques d’instabilité financière

Le gouvernement avait déjà surmonté une impasse financière similaire un an plus tôt en adoptant un plan d’austérité de 9,2 milliards d’euros. La situation actuelle est toutefois plus grave, car certains responsables ont explicitement menacé de démissionner. Si les négociations n’aboutissent pas, le gouvernement pourrait devoir recourir au régime des « douzièmes provisoires » pour financer les dépenses de l’État. Même si les parties trouvent rapidement un accord, le Parlement devra encore relever le défi de l’adopter dans les délais. (ev)

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