Les ‘like’ de Facebook polluent l’environnement

Plus de 250 millions de photos téléchargées chaque jour, et 2 millions de « like » et de commentaires chaque minute : Facebook est nécessairement un monstre énergivore. Le réseau social cherche cependant à adopter une consommation énergétique plus écologique.

Facebook refuse de révéler l’énergie qu’il consomme, et on ne peut procéder que par déduction. Les grands centres de données qui contrôlent le tout trafic de l’internet dans le monde aujourd’hui absorbent 1,3% de la consommation mondiale d’énergie. L’année dernière, en avril, Facebook a ouvert son premier data center écologique à Prineville, dans l’Oregon, qui consomme 38% d’énergie de moins que ses autres centres. Pour autant, il absorbe tout de même 28 mégawatts d’énergie, c’est-à-dire autant que la consommation totale des 26.000 habitants du Comté de Crook, où il est situé. Pire, l’énergie provient d’une centrale qui fonctionne au charbon. Il n’en a pas fallu plus pour que Greenpeace épingle le réseau social, en créant une page Facebook sur ce sujet, « Unfriend Coal », qui a recueilli 181.000 « like ».

Facebook a donc embauché Bill Weihl, un chercheur spécialiste des ordinateurs, qui a auparavant collaboré pour Google, ce qui lui a valu le titre de « héros de l’environnement » décerné par le magazine Time. Facebook projette de développer son data center de Prineville, et d’en ouvrir deux autres, un en Caroline du Nord, et un autre en Suède qui fera appel à l’énergie hydro-électrique. Une grande partie du réseau social est encore alimenté par le réseau électrique américain. Weihl, recruté en tant que «Manager pour l’efficacité énergétique et la durabilité», aura la charge de déterminer les sites les plus propres avec la capacité la plus adéquate.

Pour Weihl, le problème de l’énergie est avant tout un problème de carbone. Le réseau social s’était concentré sur l’efficacité énergétique de ses data-centers et de ses serveurs. Mais il souhaite aussi que ses travaux profitent à toute l’industrie, et il a décidé de mettre les plans de ses data-centers à la disposition du public en open source, dans le cadre du projet « Open Compute Project ». Weihl espère que cela pourra contribuer à développer une collaboration internationale qui a déjà débuté. Il souhaite que cette volonté de trouver des solutions pour mieux utiliser l’énergie devienne aussi une préoccupation pour les 850 millions d’utilisateurs du réseau social.

Dans ce cadre, Opower vient de lancer une app’ réalisée en partenariat avec Facebook qui permet aux gens de suivre l’énergie qu’ils consomment chez eux, et de la comparer avec la consommation de personnes de leur voisinage pour les sensibiliser à des gaspillages éventuels.

L’application d’Opower n’est qu’une première étape, et Weihl promet que dans les prochains mois, des démarches seront entreprises sur le réseau social pour promouvoir une meilleure efficacité énergétique, le recyclage, et faire avancer d’une manière générale le débat sur l’énergie. 

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