Les fusions et acquisitions se multiplient à travers le monde, dopées par les espoirs d’un futur vaccin

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Le volume des transactions dans le monde des affaires s’est effondré suite à la crise du coronavirus. Mais depuis que Pfizer et Moderna, ainsi qu’AstraZeneca, ont annoncé que le développement de leurs candidats vaccins se déroulait bien, les dirigeants d’entreprises ont recommencé à faire leurs emplettes, écrit le Financial Times ce mardi, sur base d’une enquête réalisée auprès des banques.

Les acquéreurs du monde entier se concentrent à nouveau sur les achats potentiels qui ont été retardés en raison de la crise du coronavirus. Les négociateurs sont aidés dans leur tâche par les faibles taux d’intérêt et les liquidités accumulées durant la pause.

Acquisitions importantes

Rien que lundi, des entreprises du monde entier ont annoncé des deals pour une valeur totale de 40 milliards de dollars. C’est un signe que les CEO souhaitent remettre à contribution les prêts bon marché ou le cash accumulé suite aux investissements postposés.

Dimanche dernier, c’est la plateforme de paiement italienne Nexi, par exemple, qui s’engageait à racheter son concurrent danois Nets pour 7,8 milliards d’euros. La fusion va créer un géant au chiffre d’affaires annuel de 3 milliards d’euros.

Plus près de chez nous, le groupe chimique belge Recticel a réalisé la semaine dernière sa plus grande acquisition jamais réalisée. L’entreprise cotée en bourse a mis 250 millions d’euros sur la table pour acquérir le spécialiste suisse des mousses techniques FoamPartners.

Et aux États-Unis, la chaîne de bricolage Home Depot a été réunie avec son ancienne filiale HD Supply grâce à un deal à 7,7 milliards d’euros.

Les élections américaines

Selon les analystes de JPMorgan Chase, la reprise du marché des OPA est également liée à la conclusion des élections américaines. ‘Bien qu’il y ait peu de corrélation entre le volume des fusions et acquisitions et les années d’élections américaines, il y a une concordance significative avec l’incertitude’, explique Anu Aiyengar au Financial Times. Cette dernière dirige le département fusions et acquisitions de la banque américaine. ‘Une énorme part d’incertitude a désormais été levée, ce qui a un impact positif.’

Le dernier trimestre est traditionnellement le moment de l’année où sont conclus les accords stratégiques. Les magnats européens et américains sont de retour de vacances et ils veulent boucler leurs deals avant la fin de l’année. Mais cette année, les chefs d’entreprises veulent également rattraper le temps perdu à cause de la crise du coronavirus.

Jusqu’à présent, le quatrième trimestre 2020 se révèle être le plus intense en termes de fusions et d’acquisitions des 20 dernières années, selon le FT. Depuis début octobre, des deals pour un montant global de 516 milliards d’euros ont déjà été conclus, soit une augmentation de 389 milliards d’euros par rapport à la même période en 2019.