Les foyers néerlandais sont les plus endettés de toute la zone euro

« Tout le monde dit que la dette est plus élevée en Belgique, mais les ménages néerlandais sont beaucoup plus profondément endettés », avait affirmé Duco Sickinghe, le CEO de Telenet au cours d’une interview dans De Tijd le 12 novembre dernier. Le Wall Street Journal, qui vient de consacrer un article au problème de la dette des Néerlandais, vient de lui donner raison.

Le quotidien économique américain rappelle que les Pays-Bas ont une des dettes souveraines les plus raisonnables de la zone euro, à 64% du PIB, mais qu’on ne peut pas en dire autant de ses citoyens. La dette des ménages hollandais représentait 240% des revenus disponibles en 2010, selon Eurostat. C’est la plus élevée de la zone euro, et elle a beaucoup augmenté, puisqu’elle n’était que de 140% des revenus en 1999. Dans l’UE, les ménages danois sont les seuls à connaître un endettement encore plus important. Mais alors que la loi danoise limite l’endettement possible à 80% de la valeur de la maison, rien de tel n’existe en Hollande, où l’on souscrit souvent un emprunt pour 125% de la valeur de la maison, pour qu’il permette également de couvrir les différents frais associés à l’acquisition, et parfois même, l’achat simultané d’un nouvelle voiture.

De plus, les Pays-Bas ont une des plus fortes densités de population du monde, ce qui a fortement poussé les prix de l’immobilier à la hausse. Ceux-ci ont progressé plus vite que les salaires. La possibilité de déduire les intérêts des emprunts des revenus imposables a également favorisé le recours massif à l’endettement, et parfois, à emprunter plus que le revenu ne le permettrait. Il est fréquent que les gens n’aient pas encore commencé à rembourser le montant principal de leur emprunt lorsqu’ils souhaitent vendre, quelques années plus tard. Or, depuis août 2008, le marché de l’immobilier stagne, et les prix ont même reculé de 8% entre août 2008 et août 2011.

« Cette dette fragilise le pays et le rend plus vulnérable aux chocs du marché de l’immobilier, des taux d’intérêt et de l’emploi », estime Gerbert Hebbink, économiste à la banque centrale de Hollande. Heureusement pour les Néerlandais, avec seulement 4,3% de la population active sans emploi, le pays se targue du taux de chômage le plus faible de la zone euro.