Principaux renseignements
- Le général Michael Guetlein conteste l’estimation de coût de 1 200 milliards de dollars (1 031 milliards d’euros) établie par le Bureau du budget du Congrès pour le programme de défense antimissile Golden Dome.
- Selon lui, ce coût élevé repose sur des hypothèses obsolètes et des exigences de conception en constante évolution.
- La portée de Golden Dome s’est étendue au-delà de la défense ponctuelle localisée pour englober des besoins plus larges en matière de protection régionale et nationale, ce qui nécessite une approche architecturale révisée.
Le Pentagone conteste une évaluation du Congressional Budget Office (CBO) qui estimait le coût sur 20 ans du programme de défense antimissile Golden Dome à 1 200 milliards de dollars (1 031 milliards d’euros). Le général Michael Guetlein, qui dirige le programme Golden Dome, fait valoir que l’estimation du CBO repose sur des hypothèses obsolètes et ne reflète pas fidèlement l’évolution de la conception du programme.
Évolution des besoins
L’analyse du CBO, publiée en mai, s’appuyait sur un décret de 2025 enjoignant au Pentagone de développer un système sophistiqué de défense antimissile pour les États-Unis. Cependant, Guetlein soutient que les hypothèses du CBO découlent de concepts élaborés au début des années 2000, qui mettaient l’accent sur une défense ponctuelle localisée plutôt que sur la mission plus large de défense régionale et nationale envisagée pour Golden Dome.
Il a souligné que les besoins du programme ont considérablement évolué depuis l’élaboration de ces concepts antérieurs, ce qui nécessite une approche architecturale différente. Guetlein a également fait remarquer que le CBO n’avait pas consulté le bureau du programme Golden Dome avant de publier son estimation, soulignant encore davantage le décalage entre l’analyse et la trajectoire réelle du programme.
Intercepteurs spatiaux
L’architecture proposée par le CBO comprenait quatre couches d’intercepteurs : une couche spatiale, deux couches de surface à large couverture et une couche sectorielle régionale. La composante la plus coûteuse était la constellation d’intercepteurs spatiaux, dont le coût était estimé à 743 milliards de dollars sur 20 ans. Cet élément prévoyait le déploiement de 7 800 satellites capables d’intercepter simultanément des lancements de missiles balistiques intercontinentaux et des menaces hypersoniques.
Guetlein a reconnu que les intercepteurs spatiaux ne constituaient pas un élément garanti de la conception finale du Golden Dome. Il a souligné l’engagement du Pentagone en faveur de l’accessibilité financière et de l’évolutivité, affirmant que le programme ne s’orienterait vers la technologie des intercepteurs spatiaux que si celle-ci répondait à ces critères. Il a exprimé ses inquiétudes quant au fait que les coûts estimés par le CBO pour les intercepteurs spatiaux dépassaient les objectifs d’accessibilité financière du programme.
Partenariats industriels
Afin d’encourager l’innovation et la réduction des coûts, le Pentagone collabore activement avec des partenaires industriels. Depuis l’année dernière, la Force spatiale a attribué des contrats d’une valeur totale pouvant atteindre 3,2 milliards de dollars à 12 entreprises pour développer des capacités d’interception spatiales, dont l’intégration dans le programme Golden Dome est prévue pour 2028.
Guetlein reste optimiste quant à la capacité de l’industrie spatiale à relever le défi et à fournir des solutions abordables et évolutives grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, du traitement avancé et des techniques de fabrication.
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