Les douanes britanniques ne seront pas prêtes pour le Brexit, même si un accord était conclu

Andrew MacColl/REX

Le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni se séparera officiellement de l’Union européenne pour toutes les transactions commerciales. Cela signifie que des douanes vont devoir gérer un tout nouveau commerce. Mais à moins de deux mois de la date fatidique, rien n’est prêt.

Le National Audit Office (NAO) qui surveille les dépenses du gouvernement britannique est clair : toutes les frontières du Royaume-Uni seront confrontées à des perturbations début janvier.

Même si l’Union européenne et le Royaume-Uni trouvent un accord, ce qui est encore loin d’être gagné, les entreprises qui exportent devront déposer des déclarations de douane et de sécurité. Problème : les douanes n’ont pas encore testé, ni même installé les systèmes qui géreront le commerce extérieur. En outre, il n’y aurait pas non plus assez de sites douaniers ni de personnel pour gérer ce nouvel afflux dans les douanes.

Le département responsable des infrastructures pour le contrôle des animaux et des plants a déjà clairement annoncé qu’il ne serait pas prêt. Un contingent pourrait être mis en place pour éviter les embouteillages. De son côté, le bureau des douanes affirme qu’il a bien progressé sur la question, mais que des alternatives sont à l’étude si jamais il venait à manquer de temps pour tout organiser.

Le cas de l’Irlande du Nord

Selon le NAO, le plus gros problème se trouvera en Irlande du Nord. La région partage une importante frontière avec l’Irlande, un pays membre de l’Union européenne. Les transports routiers ne pourront pas se déplacer librement comme maintenant.

Le commerce entre les deux pays est intense, et des contrôles seront nécessaires pour éviter tout débordement. D’un côté, l’Irlande est actuellement dirigée par les nationalistes du parti Sinn Féin, qui ont toujours affirmé leur intention de réunir les deux Irlandes. De l’autre, en Irlande du Nord, des groupes terroristes indépendantistes pourraient profiter du chaos qu’engendre le Brexit pour relancer des attaques, notamment contre les postes douaniers.

La faute du gouvernement

Pour les membres de l’opposition dans le Parlement britannique, ce manque d’organisation est entièrement la faute du gouvernement. ‘C’est la conséquence logique du fait que le gouvernement britannique ne fournit pas d’informations claires et exploitables aux entreprises – ou à la plupart des systèmes informatiques clés – à temps pour que les entreprises se préparent’, a déclaré Adam Marshall, chef des chambres de commerce britanniques.

L’absence d’accord commercial avec l’Union européenne est un véritable problème, car certains points doivent être décidés entre les deux parties pour faciliter les échanges. Sans décision claire, difficile de donner ses instructions aux organisations qui vont gérer les échanges de biens, de services et de personnes.

Toutefois, Boris Johnson, le Premier ministre britannique affirme depuis des mois que le Royaume-Uni sera prêt au Brexit final, même en cas de no-deal. Ce n’est apparemment pas le cas.