‘Les baisses d’impôts accordées aux riches ne rapportent pas grand-chose’

Les baisses d’impôts accordées aux riches engendrent des inégalités et ne rapportent pas grand-chose au reste de la société, ressort-il en substance d’une étude analysant 18 pays sur une période de 50 ans et publiée mercredi.

Alors que la pandémie de nouveau coronavirus met les finances de la plupart des économies du globe à rude épreuve, voici une étude qui pourrait bien peser dans les discussions politiques lorsqu’il faudra régler la facture de la crise.

Baisser les impôts des riches profite… aux riches

Réalisée par David Hope de la London School of Economics et Julian Limberg du King’s College London, et intitulée ‘Les conséquences économiques des principales baisses d’impôts pour les riches’, elle conclut que les mesures prises au cours des 50 années analysées afin de diminuer la taxation des plus riches n’ont réellement bénéficié qu’à ces derniers, sans générer d’emplois ou de croissance de manière significative.

‘Les décideurs politiques ne doivent pas craindre de nuire à leurs économies en augmentant les impôts des riches pour financer les coûts de la pandémie’, estime donc David Hope, dans une interview accordée à l’agence Bloomberg.

Au Royaume-Uni comme en Belgique et ailleurs, la question se pose de savoir à quel point les personnes les plus fortunées doivent contribuer à remettre à flot les finances publiques plombées par la crise du coronavirus. Ces recherches apportent un élément de réponse.

Théorie du ruissellement

Elles mettent également à mal la fameuse ‘théorie du ruissellement’, selon laquelle les revenus des plus riches finiraient toujours par être réinjectés dans l’économie et profiteraient à l’emploi et à l’activité économique générale. Un argument souvent avancé pour justifier les réductions d’impôt pour les hauts revenus sous le prétexte qu’elles seraient in fine bénéfiques pour l’ensemble de la société.

Pour arriver à ces conclusions, les auteurs ont analysé toute une série de données liées au revenu, au capital et aux actifs dans 18 pays de l’OCDE, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, entre 1965 et 2015.