Les cerfs américains massivement positifs au coronavirus, et c’est une mauvaise nouvelle pour l’Homme

Un tiers des cerfs de Virginie sont positifs au coronavirus. Une contamination plus dangereuse pour l’humanité que pour ces animaux: l’espèce peut servir de réservoir au virus. Qui peut ensuite revenir nous infecter sous une forme plus grave.

C’était une des hantises des épidémiologistes du monde entier et, il fallait s’y attendre, ça a fini par arriver. Le coronavirus humain, celui qui nous vaut la pandémie actuelle, a réussi à infecter une espèce animale. Un phénomène de transfert de l’humain vers une autre espèce qui porte le nom de transmission zoonotique. Et on ne parle plus de quelques animaux domestiques testés positifs, voire de quelques lions dans un zoo, mais bien d’un tiers de la population de cerfs de Virginie présente sur le territoire des États-Unis.

Première contamination massive

Un recensement fédéral récent effectué dans le nord-est des États-Unis a détecté la présence d’anticorps spécifiques au SARS-CoV-2 dans 40% des échantillons de sang prélevés sur ces cervidés. Dans l’État du Michigan, ce sont même 67% des cerfs qui présentaient des traces d’une réaction de leur système immunitaire au coronavirus. C’est la toute première preuve d’une contamination massive d’une espèce sauvage par le coronavirus humain. Car ces anticorps étaient totalement absents des prélèvements en 2019.

Une infection qui ne semble pas affecter les cerfs ; leur organisme combat visiblement l’infection, mais le virus ne semble pas causer de surmortalité ou d’effet secondaire observable. Mais pour l’espèce humaine, c’est une très mauvaise nouvelle. Car une telle propagation du virus au sein d’une espèce sauvage en fait un laboratoire géant pour les mutations futures du pathogène. Au risque que l’une d’entre elles nous infecte à nouveau, nous les homo sapiens. Si le SARS-CoV-2 a pu passer d’une espèce à l’autre dans un sens, il peut faire le chemin inverse. Plus virulent, plus discret, plus mortel, peut-être.

Laboratoire à mutations

La transmission de l’humain au cerf peut s’expliquer aisément : les deux espèces se côtoient régulièrement, tant dans les forêts que dans les parcs, voire les jardins. Et les cervidés sont des animaux qui vivent en groupes sociaux, ce qui favorise la propagation des pathogènes.

Et, à l’inverse des contaminations d’animaux d’élevage, il n’y a aucun moyen d’enrayer cette progression dans la population de ces animaux, répandus sur tout le continent nord-américain, et présents en Amérique du Sud jusqu’au Brésil. Le cerf de Virginie a même été introduit en Europe centrale et en Nouvelle-Zélande.

On va devoir vivre avec le coronavirus : on ne l’éradiquera jamais. Mais sa présence massive dans une faune sauvage que nous côtoyons régulièrement signifie que le virus peut revenir nous infecter sous de nouvelles formes au moment où on ne s’y attend pas. Ce n’est l’affaire que de quelques mutations supplémentaires.

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