Les besoins de l’UE en biocarburants risquent de faire exploser les fraudes aux huiles de cuisson venues d’Asie

Au cours des années à venir, l’UE se tournera davantage vers les biocarburants pour réduire l’impact du secteur des transports sur l’environnement. Un plan qui pourrait amener à une augmentation des importations frauduleuses d’huiles de cuisson usagées en provenance d’Asie, selon une étude.

Parmi les différentes solutions envisagées par l’Union européenne pour réduire l’impact des transports sur le réchauffement climatique se trouvent les biocarburants à base d’huiles de cuisson usagées (HCU). Dans les années à venir, le recours à ce type de carburant devrait croitre, avec comme effet pervers une augmentation des importations frauduleuses en provenance d’Asie. C’est en tout cas ce qu’affirme le Conseil international pour un transport propre (ICCT), une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, dans une nouvelle étude.

Une demande en hausse et des quantités limitées

Sur base des taux de collecte et d’utilisation intérieure des HCU dans 6 pays asiatiques et des quantités demandées pour l’exportation, les conclusions de l’étude jettent en effet un doute sur la capacité de ces pays à répondre à la demande croissante des prochaines années, boostée par la politique européenne. Pour répondre à cette demande en hausse, le risque que des matières premières restreintes telles que l’huile de palme vierge soient exportées pour augmenter les quantités d’UCO croit à son tour.

« Déjà, la majeure partie de la production croissante de biodiesel HCU en Chine est destinée à la demande de biodiesel UCO dans l’Union européenne, et celle-ci découle d’incitations politiques dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables », indique le rapport.

Une production propre insuffisante

Dans le cadre du paquet de lois sur le climat « Fit for 55 », l’Union européenne prévoit en effet d’utiliser des biocarburants dérivés des HCU mélangés avec du kérosène pour réduire les émissions de l’aviation et l’empreinte carbone du secteur maritime, rappelle Euractiv. Or, l’UE n’est pas en mesure de produire suffisamment de HCU. Elle doit donc se tourner vers les importations en quantités importantes.

Pour éviter toute fraude, l’ICCT préconise de mettre en place un plafond à 1,7% dans les réglementations ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime. « Non seulement ce plafond réduira le risque de fraude, mais il contribuera également à soutenir les technologies naissantes dont nous aurons besoin à long terme pour décarboner l’aviation et la marine », a-t-elle ajouté. La proposition de l’ICCT ne convainc cependant pas les industriels qui estiment que la limite de 1,7% est trop élevée. Ce plafond pourrait en effet avoir un effet pervers, car il augmenterait les émissions dans les secteurs routiers et maritimes en vue de réduire plus marginalement les émissions dans le secteur de l’aviation, aggravant la crise climatique, selon l’Association européenne des biocarburants à base de déchets et avancés (EWABA).

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