Les banques européennes en ont marre des taux d’intérêts négatifs

Les banques veulent la fin des taux d’intérêt négatifs. Ils impactent trop leurs revenus mais aussi ceux des épargnants. En Suisse, les riches ont même commencer à retirer leur liquidité de leur compte épargne.

Dans la zone Euro, cela fait 5 ans que la BCE a imposé des taux négatifs aux banques. Le but était de relancer l’économie après la crise. Avec des taux bas, emprunter est devenu plus facile et les citoyens ont pu acheter plus de choses.

Mais pour les banques, cela signifie qu’il est plus difficile de générer des bénéfices sur les emprunts et les hypothèques. Les épargnants sont aussi moins récompensés. Certains finissent même par payer pour l’entretien de leur compte épargne.

Pas de changement de cap annoncé

La BCE ne compte cependant pas y mettre fin selon les dires de sa présidente, Christine Lagarde. ‘En raison de cette politique monétaire, des millions d’emplois ont été créés dans toute la zone euro’ a-t-elle déclaré ce jeudi lors d’une conférence de presse à Francfort. ‘Cela a permis une croissance plus élevée. C’est un argument très, très fort pour expliquer pourquoi la politique monétaire devait être ce qu’elle est’.

Lagarde a cependant annoncé une révision de la stratégie de la BCE. Les outils pour conserver des prix stables seront analysés, en ce compris les taux d’intérêts et les achats d’obligations. La banque centrale européenne cherchera aussi comment mieux prendre en compte les changements climatiques.

Même la Suisse en a marre

La Suisse a dû elle aussi faire face à des taux d’intérêt négatifs pour éviter que sa monnaie ne se déprécie de trop. Et ça ne plait pas aux riches épargnants. Malgré la très bonne réputation de la Suisse pour les investisseurs, plusieurs gros épargnants ont décidé de retirer leur argent. Ces sommes en liquide se retrouvent maintenant dans des coffres-forts ou des entrepôts privés.

Le problème est que plusieurs banques, faute de ne pouvoir faire de bénéfices sur les emprunts, ont dû répercuter une partie de leur coûts sur leurs clients les plus riches.

Si, à première vue, cela peut être une bonne solution pour éviter de payer son compte épargne, il vaut mieux éviter selon Martin Bidermann, partenaire de la banque suisse Rahn & Bodmer Co. Il sera compliqué d’ici 5 à 10 ans de vouloir replacer cet argent en banque, car cela posera beaucoup de questions.

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