‘Les banques européennes doivent se préparer à un tsunami’

Après la crise financière, la Commission européenne a accordé des aides à quatre banques espagnoles pour un montant total de 37 milliards d’euros. (Photo : Thiago Prudêncio / SOPA Images/Sipa USA)

Les banques européennes doivent se préparer pour affronter l’année prochaine qui s’annonce rude en raison de la crise. C’est en tout cas ce qu’a déclaré Elke König, présidente du Conseil de résolution unique (CRU) – l’agence européenne en charge des faillites bancaires – dans une interview accordée au Financial Times

Il n’est pas nécessaire pour l’instant que l’UE envisage une ‘bad bank’ pour traiter ces problèmes, comme le suggère la Banque centrale européenne.  Cette ‘structure de défaisance’, chargée d’isoler des actifs financiers d’une entreprise ou d’un secteur, n’offre une solution que pour quelques types de prêts. ‘Pour les prêts des PME ou les crédits à la consommation, une telle solution n’offre que peu d’avantages’, explique M. König. Cependant, les banques doivent travailler intensivement pour distinguer  quels sont ses prêts viables et ses prêts non viables. 

Elke König invite également l’UE  à harmoniser correctement les aides d’État aux banques qui éprouvent des difficultés. Selon elle, la situation actuelle correspondrait à un ‘mauvais alignement’ du système.

Banques zombies

Le nombre de défaillances ou de prêts non performants (PNP) devrait augmenter fortement au cours des six premiers mois de l’année 2021. La BCE a élaboré une série de scénarios dans lesquels le nombre de NPL (Non-Performing Loans) pourrait atteindre jusqu’à 1.400 milliards d’euros dans les cas les plus extrêmes. C’est 200 milliards d’euros de plus que pendant la crise financière. En 2019, le numérateur s’élevait à un peu plus de 500 milliards d’euros.

Selon Andrea Enria, économiste et superviseur bancaire de la BCE, les banques devraient se débarrasser de leurs PNA (plans nationaux d’adaptation). Si les banques attendent trop longtemps, elles ne pourront plus accorder de crédits pour de nouveaux projets, ce qui sera une entrave supplémentaire à une reprise économique rapide. 

Toujours selon Andrea Enria, des ‘banques zombies’ seraient également en train de faire leur apparition. Les institutions financières spécialisées seraient donc mieux placées pour reprendre ces NPL et les vendre à d’autres acteurs du marché.