L’Égypte autorise un soutien militaire pour défendre l’Arabie saoudite


Principaux renseignements

  • L’Égypte a autorisé l’armée à défendre l’Arabie saoudite contre l’agression des Houthis.
  • Le changement permet de protéger le canal de Suez et les exportations pétrolières essentielles.
  • L’Égypte limite son engagement à la défense des frontières plutôt qu’à des opérations offensives.

Suite à une recrudescence des attaques houthistes, le Parlement égyptien a accordé aux forces armées du pays le pouvoir de contribuer à la défense de l’Arabie saoudite. Cette décision, rapportée par la presse locale et des responsables, suggère que Le Caire pourrait être davantage impliqué dans un conflit régional qui s’est intensifié à mesure que les forces houthistes, liées à l’Iran, redoublent d’attaques contre la monarchie du Golfe.

Intérêts régionaux

La demande d’autorisation émanait du président Abdel Fattah al-Sissi, qui a sollicité l’approbation du Parlement pour soutenir Riyad au cas où le royaume demanderait de l’aide.

Cette initiative stratégique est motivée par la nécessité de protéger un allié clé et le leader mondial des exportations de pétrole, tout en préservant le détroit de Bab el-Mandeb, une voie navigable cruciale pour le canal de Suez en Égypte.

Évaluation des pactes de défense mutuelle

Historiquement, l’Égypte a exprimé sa désapprobation face aux violences soutenues par l’Iran dans le Golfe, mais a évité tout engagement militaire direct ou toute adhésion officielle à l’accord de défense mutuelle conclu en août entre la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite. Cependant, le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a récemment indiqué que l’adhésion à ce pacte faisait l’objet d’une réflexion approfondie.

Tradition d’intervention prudente

L’implication antérieure du Caire au Yémen a débuté en 2015 dans le cadre d’une coalition menée par l’Arabie saoudite. Au cours de cette période, l’Égypte s’est principalement concentrée sur la sécurité maritime en mer Rouge et a fourni un soutien aérien et terrestre limité, en déployant environ 800 soldats.

L’approche prudente reflète une réticence à s’engager dans des opérations terrestres de grande envergure à l’étranger, une tendance qui se poursuit depuis la guerre du Golfe de 1991 et une intervention antérieure et coûteuse au Yémen dans les années 1960.

Liens économiques 

Les relations entre les deux pays sont fortement renforcées par des liens économiques, l’Arabie saoudite fournissant à l’Égypte une aide financière importante, des dépôts auprès de la banque centrale et des ressources énergétiques.

Tensions géopolitiques

Parallèlement, le conflit entre les Houthis et la coalition dirigée par l’Arabie saoudite est devenu un dangereux point de friction au sein des tensions plus larges entre les États-Unis, Israël et l’Iran.

Les récentes attaques des Houthis contre Saudi Aramco et l’aéroport de Riyad ont entravé les livraisons de pétrole et le trafic aérien, aggravant encore davantage la situation humanitaire déjà désastreuse au Yémen.

Définition de la portée du soutien militaire

Afin d’officialiser ces accords, le chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad, et le ministre Abdelatty se sont rendus à Riyad pour transmettre un message du président Sissi.

Ce message précisait que la contribution militaire de l’Égypte se limiterait à la protection des frontières saoudiennes plutôt qu’au lancement d’attaques offensives au Yémen. Malgré cette préparation militaire, Abdelatty a souligné que l’Égypte continuait de privilégier les solutions diplomatiques pour mettre fin aux hostilités. Cela fait suite à une rencontre qui s’est tenue en septembre au Caire entre Sissi et le prince héritier Mohammed ben Salmane afin d’aborder la question de la stabilité des voies maritimes de la mer Rouge.

(at)

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